Moumouni Dialla, DG de INELOG : « Il faut entreprendre avec conviction »

International Express-Logistics (INELOG Sarl), société à responsabilité limitée évolue dans les domaines du transit, transport, logistique, courtage, immobilier et prestations diverses. Son Directeur général, Moumouni Dialla, justifie la naissance de sa société par le constat de fortes demandes  dans ces secteurs d’activités. Les maitres mots dans ses prestations sont le professionnalisme et la célérité. Dans cette interview qui suit, il  livre les difficultés du milieu, mais surtout, les ambitions qu’il nourrit.

Burkina24(B24): Quelles sont les activités de INELOG ?

Moumouni Dialla (MD) : C’est une entreprise qui évolue dans le domaine de la logistique, du transport et de transit. Quand on parle de la logistique, c’est tout ce qui a trait à la gestion des flux. Quand on parle du transport c’est l’acheminement d’un point A vers un point B. Quand on parle de transit, cela concerne les taxes douanières, les dédouanements et autres. En clair, lorsque des marchandises rentrent dans un pays, il y a le transit et une fois à l’intérieur, il faut dédouaner.

B24 : Qu’est ce qui fait votre particularité ?

MD : D’abord je suis resté dans mon domaine, c’est-à-dire que je suis logisticien de formation. Notre travail requiert un minimum de connaissances comme en matière de commerce qui est devenu international, et il faut connaître les termes du commerce international, les contrats internationaux.

Ensuite, une particularité de INELOG c’est le professionnalisme et la célérité dans le traitement de ses dossiers. Lorsqu’un dossier arrive, on maitrise tous les circuits, et par conséquent, il n’y a pas d’intermédiaires entre nous et le client, contrairement à ce que font certains qui manquent d’expériences et qui remettent le dossier aux personnes plus expérimentées.

Notre préoccupation quand on prend un dossier, c’est de l’évacuer le plus vite possible et les dossiers sont classés par ordre d’arrivée. Nous donnons la date de réception de votre dossier après la signature du contrat. Nous faisons tout afin de ne pas dépasser le délai. Si nous ne respectons pas le délai prévu, vous avez la possibilité de nous imposer des pénalités. Mais généralement, nous sommes toujours dans le délai.

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B24 : Comment s’en sortent INELOG et ceux qui la gèrent ?

MD : C’est depuis août 2015 que j’ai officialisé mon entreprise qui a quitté l’informel pour devenir formel.

Jusqu’à présent je suis apprécié. Mes clients reviennent avec d’autres personnes car ici nous faisons un travail bien fait et les clients sont toujours satisfaits. Nous fidélisons les clients et arrivons à faire un petit rendement. Ce qui est le plus important c’est que nous arrivons à payer nos salariés.

Il y a trois personnes permanentes qui gèrent INELOG : un chargé des questions de commerce et de marketing, un secrétaire comptable et le directeur général. Mais aussi, nous collaborons avec des non-permanents qui sont au nombre de dix. Lorsqu’il y a une prestation en urgence, on fait appel à des compétences qui nous accompagnent, moyennant rémunération.

B24 : Quelles sont les difficultés du milieu ?

MD : Il y a beaucoup de difficultés. C’est une entreprise de jeunes qui n’a pas nécessairement les mêmes forces de frappe que d’autres entreprises. Vu le nombre de concurrents c’est difficile d’accéder à un certain nombre de marchés, et nous avons un problème avec l’arsenal juridique qui entoure les affaires au Burkina Faso. La réglementation ne favorise pas toujours les entreprises de jeunes car il faut payer des impôts, déclarer les employés à la caisse.

Malheureusement on ne t’accompagne pas avec un minimum de fonds pour que tu puisses t’enraciner financièrement. Aussi nous recevons des marchés mais nous rencontrons des contraintes financières pour les exécuter car la banque demande des garanties, rendant difficile l’obtention de prêts.

B24 : Quelles doléances lancez-vous donc à l’Etat ?

MD : L’appel que je lance à l’Etat, c’est d’accompagner les jeunes qui sont en activité dans le secteur privé et qui ont la conviction. Il peut accompagner notamment par l’octroi de fonds pour les aider à se faire valoir, ou par une suppression d’un certain nombre de taxes dès la première année ou les cinq premières années d’activité.

Ou encore l’Etat peut proposer des actionnaires qui vont entrer dans le capital social et essayer de propulser les jeunes entreprises, c’est-à-dire qu’on injecte une grande somme dans son capital pendant cinq ou dix ans avant de sortir. Comme on le dit c’est l’argent qui fait le travail, sans argent c’est difficile de se trouver un marché.

Je prends un exemple au niveau de l’Etat. Quand on exécute un marché, il faut au minimum trois mois pour entrer en possession de votre argent. Pourtant si vous avez un faible capital social ou un petit fonds de roulement, quand vous exécutez un marché, c’est quasiment impossible d’exécuter d’autres.

B24 : Quels seront vos mots d’encouragement à un jeune qui souhaite se lancer dans le milieu ?

MD : Pour les jeunes qui aimeraient entreprendre, je leur dirais que ce domaine n’est pas facile mais il n’est pas non plus si difficile. Lorsque vous commencez, les gens vous diront qu’ils vous accompagneront. Mais en réalité vous êtes seul après la création de votre entreprise : c’est donc une affaire personnelle. Il faut entrer dans ce secteur avec une conviction ferme et en toute connaissance de cause pour arriver à surmonter toutes les difficultés.

C’est ça aussi la vie, quand vous entreprenez quelque-chose, cela ne peut être facile du début jusqu’à la fin. La difficulté aussi est que si un problème survient, ce n’est pas comme si on travaillait avec un employeur. Car là, c’est vous-mêmes qui devez faire face, et parfois vous ferez des nuits blanches.

Il arrive même qu’on investisse dans un domaine qui ne sera pas fructueux. Si on est intéressé, il faut entreprendre avec conviction. Le second élément c’est surtout d’entrer car il n’y a rien de tel.  Ceux qui ont réussi, n’ont pas deux têtes.

C’est vraiment plus intéressant d’avoir une fonction libre en restant dans le domaine libéral parce que vous n’êtes pas sous la tutelle de quelqu’un. En vous disant que cette entreprise est la vôtre, vous vous donnez à fond.

J’encourage donc les jeunes à venir dans le domaine privé et à se lancer avec beaucoup de conviction. On a besoin en Afrique, d’entreprise à la taille de Bolloré, de Burkina équipement, à la taille des entreprises canadiennes qui sont ici et qui exploitent les mines. Je salue Coris Bank, je salue EBOMAF, Cimfaso qui décrochent des marchés un peu partout en Afrique et cela m’inspire énormément.

Issouf NASSA

Lesaffairebf

2 Commentaires

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  • Yaya DAMA
    12 juillet 2016 at 20 h 04 min - Reply

    formidable mon frere.tu as tout dit.le domaine de l’entreprenariat n’est pas facile mais ce n’est pas impossible.il faut bcp de patiencee t de determination.

    que le Tout Puissantvousassiste

  • Yac
    12 juillet 2016 at 20 h 28 min - Reply

    Courage et plein de succès

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