Grève des chauffeurs: Ouagadougou en panne de carburant

« Bonjour monsieur, il n’y a pas d’essence »… « Il n’y a qu’un peu de gasoil qui reste. D’ici là, ça va finir même »… « Oui, bonjour. Il y a de l’essence. Le litre fait 1.000 francs. C’est à prendre ou à laisser »… « Oui, monsieur, s’il vous plaît, veuillez respecter le rang »… Ces quelques témoignages montrent que la vie n’est pas rose en ces temps pour beaucoup.

En effet, depuis quelques jours, les stations d’essence sont prises d’assaut par les usagers. Si certains cherchent uniquement à se ravitailler en carburant, d’autres ont par contre développé des astuces ingénieuses et se frottent les mains.

Du carburant disponible non loin d’une station.

Il est 10h 05, ce 27 août 2018, la pluie est au rendez-vous dans plusieurs quartiers de Ouagadougou. Nous démarrons malgré quelques gouttelettes de pluie. Première escale, station Oilibya située non loin de la gare TCV. Là-bas, les engins deux-roues se font rares. Seuls les « véhicules Diesel » peuvent se ravitailler.

« Bonjour monsieur, il n’y a pas d’essence. Il n’y a qu’un peu de gasoil qui reste. D’ici là, ça va finir même. C’est sûr que cette grève risque de nous paralyser. On demande à ce que des mesures soient rapidement prises pour une sortie de crise », nous confie l’un des responsables de cette station Oilibya.

Pénurie de carburant dans cette station.

A une dizaine de mètres de là, un homme, à l’aide de bidons remplis d’essence, vend le litre à 1.000 francs CFA. « Nous ne négocions pas ici. C’est à prendre ou à laisser », lâche-t-il à un client. Malgré tout, la demande est pressante. « Je suis à mon troisième bidon », se réjouit-il.

Nous poursuivons notre promenade. Direction, le marché Oscar Yaar. Nous tombons sur un monde fou à la station Oryx. Là-bas, véhicules, camions, motos, bidons et vélos sont confondus, à tel point qu’il s’avère difficile de se frayer un passage.

Difficile de se frayer un passage ici au marché Oscar Yaar.

Mais, à la station « Total Moogho Naaba Baongo », malgré l’affluence, pompistes et usagers ont compris la nécessité de s’organiser, tant que le « jus » tombera de la pompe. Les clients y sont servis par ordre d’arrivée. Par contre, non loin de là, les stations voisines, Pétrofa et Shell, font déjà les frais de cette grève des chauffeurs routiers. Les clients sont accueillis par « il n’y a pas de carburant ».

Pour rappel, les grévistes exigent « le départ du président de l’OTRAF de son poste au motif qu’il n’utiliserait ce titre qu’à son unique profit ». Le siège des locaux de l’OTRAF a été levé suite à des échanges engagés dès le 25 août 2018 par le ministère en charge des transports. Le gouvernement, dans un communiqué, a annoncé que « des pourparlers seront instamment engagés avec toutes les parties ». Les responsables de l’UCRB nous ont promis une entrevue au moment opportun.

Noufou KINDO

Burkina 24

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