Afrique subsaharienne : La Banque mondiale annonce « une croissance de 2,6% en 2017 »

La Banque mondiale a présenté ce mercredi 19 avril 2017 par visioconférence, sa 15e publication semestrielle dénommée « Africa’s Pulse ». Assurée depuis le siège de l’institution financière à Washington par Alfred Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale à Washington pour la région Afrique. Cette rencontre a été l’occasion de brosser les différents facteurs de croissance, ainsi que les risques pour le maintien de cette croissance en Afrique subsaharienne.

« La croissance économique en Afrique subsaharienne est en train de rebondir en 2017, après avoir enregistré en 2016, son niveau le plus bas depuis plus de deux décennies », indique la dernière édition d’« Africa’s Pulse » (Pool de l’Afrique), une publication semestrielle du Groupe de la Banque mondiale qui analyse les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne.

La région montre des signes de reprises et que la croissance devrait y atteindre 2,6 % en 2017, selon la Banque mondiale, mais note que cette reprise reste néanmoins faible. Selon le rapport en 2016, les principales économies du continent africain (à savoir le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Angola qui contribuent à 60% du PIB continental) et enregistrent un rebond, mais force est de reconnaître qu’il existe une lenteur en ce qui concerne le redressement.

Cela pourrait s’expliquer à travers  « l’ajustement insuffisant par rapport à la baisse des prix des matières premières et à l’incertitude des politiques », fait remarquer le rapport. Pour Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie, montrent une résilience économique. En témoignent les taux de croissance annuels affichés par ces pays, qui sont supérieurs à 5,4% entre 2015 et 2017.

Par ailleurs, les perspectives économiques mondiales s’améliorent et devraient favoriser la reprise dans la région. Le rapport révèle que la croissance globale du continent devrait atteindre 3,2% en 2018 et  3,5% en 2019 à l’image de la reprise dans les principales puissances économiques.

Ainsi, selon l’étude, des progrès « spectaculaires » sur le plan de la quantité et de la qualité des télécommunications, qui contrastent cependant avec des retards « persistants » dans la production et l’accès à l’électricité. Le document fait ressortir un recul de la croissance des investissements, « de près de 8% en 2014, à 0,6% en 2015 ».

Des risques pour le maintien de la croissance économique

Toute chose qui devrait refléter la reprise dans les principales puissances économiques. Néanmoins, il ne faudrait pas épargner les risques associés à cette dynamique. A cet effet, Alfred Zeufack explique que « sur le plan intérieur, les risques pour la reprise sont liés au rythme inadéquat des reformes, à l’accroissement des menaces de sécurité et à un climat d’incertitude politique avant les élections dans certains pays».

Les participants du Burkina Faso

C’est pourquoi, il soutient qu’il convient que des mesures soient prises, afin de protéger les conditions propices à l’investissement, afin que la la reprise soit forte pour ce qui est des pays d’Afrique subsaharienne.  «Nous devons mettre en œuvre des réformes qui augmentent la productivité des travailleurs africains et créer un environnement macroéconomique stable».

Pour y arriver, il suggère de remédier au déficit d’infrastructures, à savoir améliorer le cadre d’investissement du secteur privé, le partenariat public privé, les passations de marchés, la mobilisation des ressources domestiques. Egalement, augmenter la capacité de production d’électricité par habitant et le développement du domaine des transports.

L’étude de la Banque mondiale appelle à une mise en œuvre « urgente » des réformes pour améliorer les institutions qui promeuvent la croissance du secteur privé, à développer les marchés financiers locaux, à améliorer les infrastructures et  à renforcer la mobilisation des ressources intérieures.

En rappel, les éditions d’Africa’s Pulse sont des publications semestrielles de la Banque mondiale qui analysent l’état des économies africaines. La présente édition consacre un dossier spécial aux infrastructures, « un secteur dans lequel l’Afrique est à la traîne par rapport aux autres régions en développement». Selon ce rapport, si l’Afrique parvenait à développer et améliorer ses infrastructures, elle pourrait augmenter son PIB par habitant de 2,6 points de pourcentage supplémentaire chaque année.

Jules César KABORE

lesaffairesbf

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