Grève à l’Onatel : Des pertes et des gains

La grève du Syndicat national des télécommunications du Burkina (SYNATEL) a été source de bien de préjudices. Pour les abonnés au réseau Onatel, la crise n’est pas passée inaperçue : plus de crédits de communication (communément appelés « unité »), plus d’Internet. Ce 3 octobre 2016, les effets de la crise étaient toujours visibles : pertes financières, préjudices moraux… mais aussi des gains.

Depuis le 20 septembre dernier le syndicat national des télécommunications (SYNATEL) a entamé une grève illimitée. La vitesse supérieure a été déclenchée ce vendredi 30 septembre 2016 par la perte de la connexion Internet pour les abonnés de l’Onatel. Les conséquences se sont faites cependant sentir différemment.

Internet est enfin revenu depuis ce lundi - © Burkina24

Internet est enfin revenu depuis ce lundi – © Burkina24

Report d’un rendez-vous

Pour  Adama, client d’un cybercafé, l’impact se mesure au plan national puisque la communication a subi un coup. Mais au plan personnel, le préjudice est tout autant palpable. En effet, pendant le weekend, il devrait recevoir un mail pour un rendez-vous dans une ambassade. Malheureusement, ce n’est que ce 3 octobre qu’il a pu avoir accès à sa boite mail.

« Je devrais me présenter à une ambassade pour une demande de visa. J’attendais un courrier depuis que le réseau a flashé. Donc mon rendez-vous a dû être reporté à l’ambassade », a-t-il regretté.

Des pertes sèches

Par ailleurs, c’est peu de dire que les cybercafés ont été frappés de plein fouet. Dès le vendredi 30 septembre 2016, les clients désertaient les lieux et les gérants fermaient boutique faute d’accès à Internet.

« Depuis vendredi soir, on a été coupé jusqu’à lundi matin. Et on n’a pas pu travailler », déplore Alidou Ouédraogo gérant d’un cybercafé en face du terrain du Mogho Naaba. Quant à l’incidence financière, il l’estime à « près de 200 000 F CFA de pertes en trois jours ».

Ce lundi 3 octobre, il note que les clients recommencent à fréquenter le cybercafé, mais timidement.

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Cas des médias en ligne

Les médias aussi n’ont pas été épargnés. Mais pour les médias en ligne, l’inertie était encore plus accrue.

« C’était pénible. Pendant trois jours, nous n’avons pas eu accès à Internet. Cela à été un coup dur pour nous étant donné que l’Internet est notre premier outil de travail.  Nous étions obligés d’utiliser un autre opérateur et par la suite tout le monde s’est déporté sur ce réseau et la connexion est devenue lente. Vivement que cela n’arrive plus dans notre pays », a déclaré Daouda Zongo, journaliste dans un organe de presse en ligne à Ouagadougou.

Pour les revendeurs d’unités

Du côté de Moussa Sana, revendeur d’unités sur l’avenue Kwamé Nkrumah, c’était une bonne affaire. Le constat est que son bénéfice a doublé durant la période de la grève.

«Beaucoup de gens avaient besoin des unités pour renouveler leurs abonnements. Pendant la grève, moi je vendais les cartes de recharges Telmob au lieu des recharges Nanan Express qui avaient manqué. En trois jours,  j’ai vendu plus de 35 000F CFA avec un bénéfice de plus de 4000 F CFA par jour. Auparavant, je gagnais environ 2000 F par jour ».

La raison est toute simple

La demande dépassant l’offre, il a confié que certains revendeurs surfacturaient les prix des cartes de recharges. Le gain se bonifiait donc.

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« Par exemple, pour la carte de 500 F CFA, je la vendais à 550 F CFA et la carte de 10 000 F CFA à 11 000 F CFA au moins. Et les cartes sortaient plus vite que d’habitude. La demande est forte pour les recharges Telmob », affirme le revendeur d’unités.

Cri de cœur

Pour éviter dorénavant ces désagréments, Alidou Ouédraogo a souhaité que l’Etat prenne des dispositions afin que l’Internet ne puisse plus être paralysé par une grève. « Ce qui n’est pas bien, c’est de laisser la gestion de la bande passante nationale  à un opérateur privé. La fibre optique doit être gérée par l’Etat », a-t-il suggéré.

Aux dernières nouvelles, la Direction de l’Onatel informait la clientèle de « la reprise normale des services ce 3 octobre 2016, suite à la levée du sit-in observé par le personnel ».

Jules César KABORE

Issouf NASSA

Lesaffairesbf

 

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