Tabaski 2016 : « Vraiment, ça ne va pas ! »

La Tabaski, « fête du sacrifice du mouton »,  sera célébrée ce lundi 12 septembre 2016 au Burkina. A 72 heures de l’évènement, à Ouagadougou,  Lesaffairesbf.com a voulu prendre la température des acteurs économiques qui sont généralement sollicités à cette occasion.

Quel est le pouls du marché dans les commerces à Ouagadougou, ce 9  septembre 2016, à deux pas de la fête de Tabaski ?  Le constat est que le marché est terne, confient les commerçants dans différents domaines. Si auparavant les clients s’époumonaient, cette année la réalité est toute autre. Il n’y a pas d’effervescence de la population.

A l’orée de la Tabaski, les acheteurs traînent les pieds dans divers commerces. Issouf Ouédraogo, vendeur de poulets dans le quartier Bendogo,  affirme que  « le marché de cette année par rapport aux autres marchés, il y a un grand écart ».

« Dans le passé,  à une semaine, les clients appelaient pour commander. Mais à 3 jours  de la fête, personne   n’appelle pour commander quelque chose. Vraiment, ça ne va pas ! C’est dur partout mais on implore le bon Dieu pour que les choses reprennent. Cela peut s’expliquer par les différents événements qui se sont suivis, comme l’insurrection populaire, le coup d’Etat, l’arrivée du nouveau pouvoir, la rentrée scolaire. Ce qui explique qu’il n’y ait plus d’argent dans le pays », a-t-il ajouté comme tentative d’explication.

Du reste, compte tenu de cette situation et du contexte, il déclare avoir préféré vendre des poulets plutôt que les moutons. Il affirme par ailleurs avoir revu à la baisse le prix des quelques animaux qu’il vend. Ces derniers peuvent être acquis entre 35 000 et 70 000 F CFA. Malgré tout, explique le commerçant, les clients continuent de trouver ces montants élevés.

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Salimata Ouanré, vendeuse de légumes au marché de Bendogo, sonne la même cloche. Elle décrit le son rendu en ces termes :  « Pour le moment, nous ne sentons pas la fête, car rien n’a changé dans notre activité. C’est en général le jour de la fête que les clients viennent très tôt s’approvisionner pour la cuisine. Mais on remarque que les temps sont durs partout et la commande des clients a considérablement baissé. Mais on espère que le jour de la fête les clients vont venir ».

Qui dit fête parle aussi de l’habillement.  Fatimata Sawadogo est vendeuse de boutique de vêtements  à coté de l’échangeur de l’Est. Elle affirme que  ses «clients viennent généralement la veille de la fête pour se procurer des tenues. Mais pour cette année, pour le moment,  le marché est très lent et on attend pour voir ».

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Enfin, pas de fête sans de quoi se désaltérer. Dans les débits de boisson, l’on s’affaire en prélude à la grande date, mais dans l’espoir que les clients seront au rendez-vous.

Selon Arsène Belem, gérant du maquis « Tamani Kasseto » situé également à coté de l’échangeur de l’Est, « pour la fête, nous augmentons le nombre de chaises, de serveuses et la quantité de boissons. Nous triplons la quantité de boissons. Le marché a vraiment beaucoup baissé mais on reste confiant ».

Jules César KABORE

Lesaffairesbf 

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