Nigeria : Twitter suspendu pour une période indéterminée par le gouvernement

Le gouvernement nigérian a suspendu ce vendredi 4 juin 2021 les activités de Twitter, deux jours après la suppression par le réseau social d’un tweet du Président Muhammadu Buhari.

Le mercredi 2 juin 2021, Twitter a supprimé un message du Président Buhari qui menaçait les responsables des violences actuelles dans le Sud-Est du Nigeria. Le réseau social a estimé que le Chef de l’Etat enfreignait ses règles d’utilisation. La réaction d’Abuja n’a pas tardé.

Le gouvernement fédéral a suspendu, pour une durée indéterminée, les activités du service de microblogging et de réseau social Twitter au Nigeria“, a indiqué Lai Mohammed, ministre de l’Information et de la Culture au cours d’une adresse à la presse. Il faut noter que ce vendredi 4 juin 2021, en fin d’après-midi, le réseau social fonctionnait toujours au Nigeria.

Le Nigéria régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains

Face à la presse nigériane, le ministre de l’information et de la culture a accusé Twitter d’ignorer les messages de Nnamdi Kanu, leader du groupe séparatiste Indigenous People of Biafra, ou IPOB, qui, selon lui, encourage la violence.

Twitter a beau avoir ses propres règles, ce ne sont pas des règles universelles, selon lui. « Si le Président, où qu’il soit dans le monde, se sent très mal et préoccupé par une situation, il est libre d’exprimer ses opinions. […] Lorsque les gens brûlaient des postes de police et tuaient des policiers au Nigeria pendant #EndSARS, pour Twitter, il s’agissait du droit de protester. Mais quand une chose similaire s’est produite au Capitole, c’est devenu une insurrection », s’est plaint le ministre de l’information.

Le Nigeria est considéré comme la plus grande démocratie en Afrique, mais son gouvernement est très régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains. En novembre 2019, le gouvernement nigérian avait mis en place des mesures plus strictes pour réguler les médias et lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux, lesquelles avaient été perçues par la société civile comme une restriction de la liberté d’expression.

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