Hamed Savadogo, représentant en Côte d’Ivoire de l’OTRAF : « Le renouvellement du parc automobile du transporteur burkinabè est un enjeu majeur »

A la suite de la visite d’amitié et de travail d’Issouf Maïga, le président national de l’Organisation des Transports Routiers du Burkina Faso (OTRAF) à Abidjan, du 21 au 25 juillet 2016 dernier, la rédaction de Burkina24 a tendu son micro à Hamed Savadogo, le représentant de ladite organisation en Côte d’Ivoire. Il est question dans cette interview de cerner les contours de la présence de l’Otraf en terre ivoirienne.

Burkina24 (B24): Une délégation de l’Organisation des Transports Routiers du Burkina Faso, conduite par son premier responsable Issouf Maïga a séjourné à Abidjan dans le cadre d’une visite de travail. Quelles en étaient les réelles motivations ?

Hamed Savadogo (H.S.): Au prime abord, permettez-moi de présenter le corps de l’Otraf qui est né de l’union des transporteurs du Burkina Faso dont l’objectif était de fédérer leurs voix pour donner plus d’échos à leurs actions et pour une meilleure défense de leurs intérêts communs.

Cette union ayant donné des résultats satisfaisants, conscients des défis qui les attendaient, ces derniers ont évolué en étape pour la mise en place d’une organisation qui pourrait véritablement gérer le transport au Burkina Faso, d’où l’Otraf.

Pour revenir à votre question, je dirais que la visite du Président national de l’Otraf récemment en Côte d’Ivoire se justifie doublement.

Premièrement, depuis l’ascension à la tête de l’Organisation des Transports Routiers du Burkina Faso, il y a deux ans de cela, Issouf Maïga, avant cette visite, n’avait pas encore eu l’opportunité de séjourner en Côte d’Ivoire pour rencontrer les autorités et les acteurs du transport de ce pays dont notamment le Ministre ivoirien du Transport, Haut Conseil des Transporteurs de Côte d’Ivoire (HCTCI) et bien d’autres.

Disons au passage que l’Otraf assure la protection du transporteur et du chauffeur et du camionneur burkinabè au-delà des frontières burkinabè. C’est ainsi que l’Otraf a ouvert des représentations aux ports de Cotonou au Bénin, Lomé au Togo, Téma au Ghana et en Côte d’Ivoire où j’assume cette responsabilité. Il était donc important pour les instances dirigeantes de l’Otraf au Burkina Faso d’effectuer cette visite.

Ce fut également l’occasion pour le président national de l’Otraf de venir en Côte d’Ivoire toucher du doigt les difficultés du transporteur burkinabè en Côte d’Ivoire. En effet, la dernière crise post-électorale ivoirienne 2010-2011 a profondément détruit les acquis de notre organisation, l’Otraf en Côte d’Ivoire, au point où depuis lors nous constatons un délabrement de ses structures. Cette visite s’inscrit alors dans un élan de restructuration et de redynamisation de l’Otraf en Côte d’Ivoire.

Cette visite en Côte d’Ivoire de la plus haute instance de l’Otraf en Côte d’Ivoire, nous a permis de tenir plusieurs rencontres dont celle avec la Chambre de Commerce du Burkina en Côte d’Ivoire, les intermédiaires, les chauffeurs, etc…

Secundo, il a été institué par les deux Chefs d’Etats ivoirien et burkinabè dans le cadre de l’Appui Budgétaire Régional, le rapprochement de ces deux structures à la demande de la Banque Mondiale pour le renouvellement des parcs automobiles.

Ainsi, après les réunions des ministres des Transports et des chargeurs des deux pays respectifs, ce fut le tour des transporteurs burkinabè et ivoirien à travers leurs organisations, l’Otraf et Hctci, de se réunir pour l’harmonisation de leurs approches afin d’être solvable aux yeux de la Banque Mondiale.

B24: Au terme donc de  ce séjour, quels sont les acquis qui ont soldé cette visite ?

H.S.: Les accords liant l’Otraf et son confrère le Haut Conseil des Transporteurs de Côte d’Ivoire ont été dépoussiérés et remis au goût du jour pour un meilleur épanouissement du Transporteur burkinabè qui est amené à opérer en Côte d’Ivoire notamment.

Je fais allusion à la qualité des routes à partir de Katiola (dans le centre-nord ivoirien) aux barrages sauvages, les raquettes sur les corridors qui malgré les efforts du gouvernement ivoirien, connaissent une résurgence au grand dam du transporteur burkinabè et enfin aux conditions d’accès au fret au port d’Abidjan. Ces conditions sont très restrictives et frustrantes pour le transporteur burkinabè.

Sous la conduite du président Issouf Maïga, nous pensons avoir attiré l’attention des autorités du Transport de la Côte d’Ivoire, à commencer par le Ministre ivoirien du Transport, Touré Gaoussou qui nous a donné des assurances quant à la satisfaction des doléances des transporteurs burkinabè opérant entre nos deux pays.

B24: A ce jour quel est le poids des transporteurs burkinabè dans les échanges entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ?

H.S.: Nous devons reconnaître un regain des échanges entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire depuis 2013 qui excède le million de tonne.

Toutefois, nous avons un concurrent de taille à savoir la Sitarail, appartenant à une multinationale.

Au regard de l’importance de ces échanges, vous comprenez l’enjeu pour le transporteur burkinabè que le financement par la Banque Mondiale survienne pour le renouvellement des parcs des transporteurs burkinabè et ivoiriens.

Cela devrait nous permettre d’être mieux outillés pour répondre aux défis futurs qui nous attendent.

Au terme de notre entretien, j’invite les transporteurs burkinabè opérant sur le territoire ivoirien de ne pas hésiter à solliciter les services de la représentation de l’Otraf que nous incarnons en Côte d’Ivoire. Nous sommes au +225 58 27 62 10.

Interview réalisée par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

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