Bientôt une banque agricole au Burkina

Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a rencontré ce 21 juillet 2016 le monde rural pour des concertations sur la création d’une banque agricole. La réalisation de ce projet, tant attendu par les paysans, devrait contribuer à booster le secteur agricole.

Au Burkina Faso, plus de 80% de la population est composée d’agriculteurs, avec un taux de commercialisation des produits agricoles de 25%. A noter aussi que l’agriculture est après l’or, le deuxième secteur pourvoyeur de devises.

C’est dire donc la place centrale du secteur dans l’économie nationale. Malgré ce potentiel, un des plus grands handicaps demeure le financement de réalisations en la matière. Comme l’a fait remarquer le Premier ministre, « seulement 15% des producteurs bénéficient de crédits bancaires ». Aussi, la part consacrée à l’agriculture sur le total des financements bancaires « ne représente que 3,5% ».

Partant de ce constat, le monde agricole avait attiré l’attention du gouvernement depuis plus d’une décennie, sur la nécessité d’une banque dévouée à leur cause. Le président de la Confédération paysanne du Faso (CPF) a rappelé que les difficultés ne datent pas d’aujourd’hui, autant pour la proposition de la banque : « Nous avons plusieurs fois interpelé les décideurs politiques, il y a dix ans, depuis 2004[…] pour qu’on puisse effectivement mettre en place un système de financement du monde rural ».

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Tout en reconnaissant les défis du secteur, le Premier ministre a souligné que sa Déclaration de politique générale relayant l’engagement du Président du Faso, prévoyait la création d’une banque orientée vers le financement de l’agriculture.

Une telle institution aura à relever les défis du milieu, notamment l’amélioration de la maîtrise de l’eau, de la productivité agricole, le développement de l’entreprenariat agricole et agro-alimentaire, l’amélioration de la résilience de l’agriculture et de l’élevage aux risques agro-sylvo-pastoraux, halieutique et faunique.

Pour le président de la CPF, la lutte que les agriculteurs ont toujours menée vise à donner à ce secteur une dynamique moderne. « Nous voulons que cette agriculture soit une agriculture moderne et insérée dans l’économie du marché », a-il-il déclaré.

Des experts ont déjà mené des travaux sur le projet, dont il s’agira d’analyser les résultats. La concertation de ce jour a donc pour objectif de jeter les bases en vue d’orientations consensuelles pour la mise sur pied de la banque.

Issouf NASSA

Lesaffaire.bf

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