Aide à l’Afrique: La lutte contre l’immigration clandestine comme condition de l’Union Européenne

Dans le nouveau plan de la Commission européenne contre l’immigration clandestine, rendu public le 7 juin dernier, il a été suggéré notamment de diriger l’aide au développement servie à l’Afrique aux pays qui s’engageront davantage dans la lutte contre l’afflux de migrants par la Méditerranée.

Selon le premier vice-président de la Commission Européenne, Frans Timmermans, s’exprimant devant le Parlement européen, « la Commission propose un nouveau cadre de partenariat: en commençant par un premier groupe de pays tiers prioritaires, des pactes adaptés à la situation de chacun d’entre eux mobiliseront l’ensemble de nos politiques et de nos instruments pour atteindre ces objectifs ».

Ce plan, à en croire Frans Timmermans comprend «un mix d’incitations positives et négatives» qui selon l’Agence Ecofin, implique des menaces contre les pays africains qui refuseraient de coopérer.

Pour être un peu plus explicite, il a expliqué qu’«à défaut de résultats concrets de la part de nos partenaires pour mieux gérer les migrations, nous devons être prêts, collectivement, à revoir notre engagement et notre aide financière ».

Le nouveau plan européen, qui s’inspire de l’accord conclu en mars dernier avec la Turquie, prendra la forme de «pactes» sur mesure prévoyant la mobilisation de fonds en faveur des pays ciblés afin de s’attaquer aux «causes profondes» des migrations, en finançant des projets de développement pouvant fournir des emplois aux candidats à l’immigration clandestine.

Il s’agit aussi d’obtenir des pays africains, comme cela a été fait avec la Turquie, qu’ils luttent davantage contre les passeurs et acceptent beaucoup plus de « réadmissions » de leurs ressortissants.

L’Éthiopie, le Niger, le Nigeria, le Mali et le Sénégal  constituent le premier groupe de pays africains susceptibles d’être pris en compte dans ce nouveau plan européen aux allures de « pactes » entre l’Europe et l’Afrique.

Le plan européen propose dans un premier temps de diriger 8 milliards d’euros d’ici 2020 puis jusqu’à 62 milliards d’euros, en provenance de fonds déjà en place pour l’aide au développement, vers les pays-clés identifiés.

En mars 2016, un accord conclu entre l’Union Européenne et la Turquie a permis de circonscrire le nombre de migrants et de réfugiés en Grèce.

Ce nouveau plan intervient au moment où l’Europe craint désormais un afflux massif des migrants en provenance d’Afrique.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source: Agence Ecofin

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