Technologie au Burkina : Zoom sur un ministre TIC !

L’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (TIC) réduit la facture écologique et économique. L’on ne cesse de dire que les TIC présentent des effets positifs sur l’environnement et sur les dépenses publiques. Mais, l’érudit, Mahatma Gandhi, disait : « Le bonheur, c’est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles ». Plusieurs Burkinabè semblent comprendre ce concept. Au sein du gouvernement, un ministre fait beaucoup parler de lui en termes d’utilisation des TIC. Portrait.

Un ministre qui dématérialise les documents et les traite de façon électronique, il en existe bien au Burkina. Convaincu que ce sont des dizaines de milliers d’arbres qui pourront être sauvés à moyen ou long terme, il est très bien apprécié par ses collaborateurs. Il utilise le papier de manière plus intelligente.

Il fait partie de ce nombre infime des ministres du gouvernement Thiéba dans ce domaine. Il n’est pas ministre des TIC (NDLR : Ministre du développement de l’économie numérique et des postes). Lui s’appelle Jean-Martin Coulibaly. Il est ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Jean-Martin Coulibaly, ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Jean-Martin Coulibaly, ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Son domaine de prédilection, l’intranet, le télétravail, les réunions à distance, la dématérialisation des procédures administratives et la minimisation des consommations énergétiques des bâtiments. « A vrai dire, moi je suis partisan du moindre effort, mais cela ne veut pas dire paresse. Je cherche toujours la façon la plus facile de réaliser quelque chose. Si je peux me simplifier la tâche, je ne me la complique pas », confie-t-il.

Il soutient que les TIC sont aussi des technologies de transformation qui améliorent la capacité des utilisateurs à créer et à s’adapter. Il cite comme exemples de ces transformations, l’utilisation des TIC pour améliorer les pratiques agricoles et forestières, contrôler la pollution de l’air et de l’eau, améliorer les moyens de prévenir les catastrophes et d’y remédier, améliorer l’efficience des secteurs de l’énergie, des transports, des biens et services, et utiliser les réseaux sociaux pour opérer des changements d’attitude et de comportement.

« Nous sommes aujourd’hui convaincus, qu’il est inutile de produire des montagnes de papier qui encombrent souvent nos réunions. L’information nécessaire à une réunion peut être mise en format électronique et/ou compilée sur quelques clés USB partagées par le groupe. Faire circuler des papiers, ce n’est pas trop mon fort », dit-il.

Il confie également qu’avant, pour envoyer du courrier à partir du Secrétariat général du MENA au Cabinet qui se trouve à environ 30 mètres, « cela met parfois 3 à 5 jours » et propose la solution via les TIC qui « permettent d’éviter ces genres de délais ».

Les avantages qu’offrent les TIC sont, pour lui, très énormes. L’utilisation des outils TIC permet en effet, entre autres, de réaliser des économies directes en frais d’impression et de reprographie d’où un prolongement de la vie utile du matériel d’impression et de reproduction, en termes de délais de diffusion de l’information. Les TIC assurent aussi un meilleur respect de la confidentialité et la disponibilité des documents à jour, en tout temps et tout lieu.

Jean-Martin Coulibaly, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Le ministre de l’éducation nationale ne travaille pas sans difficulté vu que la connexion web se fait rare au ministère : « C’est vrai que la souplesse qu’on peut avoir au niveau privé, cette souplesse-là existe difficilement dans l’administration.

Par exemple, pour régler assez rapidement la question de la connexion internet au Cabinet, j’ai dû acheter de ma propre poche en attendant les procédures de la Direction des affaires financières ».

Exploiter au maximum les procédures administratives dématérialisées du e-gouvernement…

Le ministre révèle les 3 dimensions de sa vision. Il s’agit premièrement de l’école (élèves, enseignants, ressources accompagnatrices) où tous les contenus (manuels) sont sécurisés et accessibles sur n’importe quel support informatique en conformité avec le contexte burkinabè.

Le deuxième axe concerne l’administration. Jean-Martin Coulibaly veut travailler de façon collaborative avec l’ensemble du personnel administratif du MENA, qu’ils soient au niveau concentré ou déconcentré, de sorte que les informations collectées pour la gestion du système soient en temps réel. Il s’agira de mettre en place des systèmes intégrés TIC.

La dernière dimension de la vision du ministre de l’éducation nationale porte sur la gestion des données sur le territoire national. Il s’agit, selon lui, notamment de la collecte des statistiques scolaires, de suivre les inscriptions des élèves en temps réel. Grosso modo, le ministre « pense qu’on doit prioriser les TIC dans beaucoup de domaines au Burkina ».

Il fait savoir au passage que l’utilisation du papier n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Il reconnait aussi que ce sont des hectares de forêts qui sont dévastés chaque jour pour obtenir la pâte à papier à partir de fibres contenus dans le bois.

Sachant qu’un arbre permet la production de 8.000 à 10.000 feuilles de papier, ces chiffres paraissent exorbitants. Et cela ne concerne pas uniquement les ressources en arbres mais également celles en eau. Au plan des dépenses publiques, le ministre insiste que l’achat du papier, les impressions, les photocopies, les reproductions pèsent énormément sur le budget de l’Etat. Par ses méthodes, Jean-Martin Coulibaly espère apporter sa contribution pour diminuer tout ce poids sur l’environnement et sur l’Etat.

Noufou KINDO

Burkina 24

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