Innocent BELEMTOUGRI, président SEMICA : «nous n’avons pas à rougir devant les autres continents»

Le Salon international de l’énergie, des mines et des carrières (SEMICA) a tenu sa quatrième édition du 28 au 30 mai 2015. A la fin de la manifestation, Innocent Belemtougri, le président,  a accordé un entretien à Burkina24  au cours duquel il est revenu sur le bilan de cette édition et les perspectives pour la cinquième, qui se tiendra du 26 au 28 mai 2016.

Burkina24 (B24):  Pouvez-vous revenir sur l’objectif d’un évènement tel que le SEMICA ?

Innocent Belemtougri (I.B.): Pendant longtemps,  on nous a fait comprendre que l’Afrique était le continent le plus pauvre du monde. Et de plus en plus, ces dernières années, l’Afrique se révèle être extrêmement riche en ressources minérales que sont l’or, le diamant, la bauxite et bien d’autres minéraux.

C’est fort de ce constat que nous avons voulu créer un salon professionnel afin de montrer au reste du monde les potentialités et les richesses de l’Afrique. C’est un salon qui regroupe les acteurs et les professionnels de l’énergie, des mines et des carrières de l’Afrique et du reste du monde afin de promouvoir et de valoriser les ressources africaines.

B24 : Quel bilan faites-vous de la dernière édition du SEMICA qui vient d’avoir lieu ?

I.B. : Pour nous, le quatrième SEMICA était d’abord un rendez-vous à pouvoir tenir dans les temps. Le SEMICA se tient chaque année courant le mois de mai, notamment à la dernière semaine jeudi, vendredi et Samedi. L’édition 2015 se tient dans un contexte assez particulier au Burkina Faso, en tenant bien sûr compte de la Transition en cours et des inquiétudes sur le plan international de la destination Burkina Faso en termes de sécurité.

Le SEMICA devait relever le défi de  se tenir à bonne date et d’attirer les investisseurs et les participants internationaux au Burkina Faso dans un contexte sécurisé.

Et c’est ce que nous avons pu faire. Et c’est pour nous déjà un premier succès. Quant à la manifestation elle-même,  elle a pu regrouper des participants venant de plus de 56 pays, des gouvernants, des sociétés minières, des acteurs de la société civile qui ont échangé trois jours durant sur des thématiques d’actualité.

Ils ont pu aussi présenter leur savoir-faire, leur technologie et leurs produits dans notre espace d’exposition. Ils ont pu nouer des partenariats à travers des rencontres d’affaire B 2 B que nous avons organisées. Ils ont pu également participer à des évènements  de réseautage comme les déjeuners et les cocktails que nous avons organisés avec nos partenaires.

C’est pour nous le lieu de nous réjouir et de nous satisfaire de la tenue à bonne date et dans les meilleures conditions possibles du SEMICA 2015.

Je profite de l’occasion pour  rendre hommage d’abord aux plus hautes autorités du Burkina Faso, en l’occurrence Son Excellence Michel Kafando, président de la Transition, son Excellence Isaac Zida, chef du gouvernement, Boubacar Ba, ministre des mines et de l’énergie et de Justin Ouédraogo, président de la chambre des mines qui ont été les parrains et les patrons de l’édition 2015 et qui ont permis de favoriser les conditions du succès de cette édition, sans oublier non plus nos partenaires sans lesquels l’édition n’allait pas avoir lieu.

Ils nous ont appuyés fortement, malgré le contexte financier difficile. Pour finir, nous remercions les différents participants qui ont pris de leur temps pour venir au Burkina Faso pour participer à la manifestation.

B24: En parlant de contexte financier difficile, voulez-vous dire que le contexte de Transition du pays  a joué sur les finances du SEMICA 2015 ?

I.B.: Evidemment. Le Burkina Faso se trouve actuellement dans une tension de trésorerie. L’économie va quelque peu au ralenti et le SEMICA ne déroge pas à la règle. Nous avons des partenaires qui ont purement et simplement annulé leur participation et ceux qui sont restés ont réduit considérablement leur budget.

Je puis vous dire que nous avons eu au cours du SEMICA 2015 le budget plus faible depuis l’existence du SEMICA. Mais paradoxalement, nous avons pu réaliser le SEMICA le plus abouti dû à l’engagement de l’équipe d’organisation et de la compréhension de nos partenaires et de nos fournisseurs. Ce qui a concouru bien sûr à  tenir le SEMICA dans les meilleures conditions possibles. C’est vrai qu’avec plus de moyens, nous aurions fait beaucoup plus.

Mais nous rendons grâce à Dieu pour ce qui a déjà pu être fait et nous donnons rendez-vous du 26 au 28 mai 2016 pour la cinquième édition qui va aller en s’améliorant et qui offrira un SEMICA encore plus professionnel, encore plus rayonnant, plus porteur pour les acteurs professionnels qui tiennent à cette manifestation et pour lesquels le SEMICA est devenu un rendez-vous important dans leur agenda.

B24: Quelles sont les perspectives pour les années à venir concernant le SEMICA ?

(I.B.): Le SEMICA se veut depuis sa création selon ses ambitions d’être le salon de référence en Afrique et d’être le marché africain de l’énergie et des mines. Et nous travaillons d’année en année à améliorer cette activité afin que l’ensemble du continent africain puisse comprendre que les richesses de notre continent sont énormes et que nous devons travailler ensemble dans une même direction à les promouvoir.

Il n’y a pas de concurrence à se faire entre Etats africains parce que la vraie compétition ne se passe pas entre des Etats africains.

La vraie compétition se tient entre l’Afrique et le reste du monde. Le SEMICA est la plate-forme pour les pays africains de pouvoir se vendre, de pouvoir se valoriser aux yeux du reste du monde. Le salon SEMICA reste le salon des pays africains et des populations africaines pour se promouvoir aux yeux du monde.

Les perspectives sont donc énormes et nous invitons tous ceux qui n’ont pas encore pris part à la manifestation à venir au Burkina Faso au cours de la dernière semaine de mai de chaque année visiter ce salon-là et pouvoir se faire une idée  de l’énorme richesse de notre continent qui doit concourir à notre fierté et à notre développement.

B24: Un mot pour clore cet entretien ?

(I.B.): Je terminerai mon propos en invitant l’ensemble des Africains du Nord, du Sud, de l’Est de l’Ouest, du Centre à comprendre que l’Afrique est immensément riche et en être fiers. Nous n’avons pas à rougir aux yeux des autres continents.

C’est vrai que nous avons des environnements économiques pas toujours favorables, mais nous avons suffisamment de richesses que nous pouvons travailler à exporter afin que cela puisse concourir et contribuer à notre développement et faire de l’Afrique le continent le mieux développé du monde.

 Nous en avons les moyens, les capacités. Il nous reste juste à travailler afin que cela soit une réalité concrète parce que l’Afrique est aujourd’hui le continent qui a les plus grandes richesses minérales au monde.

Il faut nous en féliciter. Mais comme ce sont des richesses qui se trouvent dans notre sous-sol, il faut travailler à les extraire de la manière la plus intelligente possible afin que cela puisse servir au développement du continent, non seulement pour les générations actuelles, mais également pour les générations à venir.

Le  SEMICA est le lieu de pouvoir rencontrer les acteurs importants, de passer ce message et de contribuer à ce que les ressources minérales du continent profitent aux Africains.

Entretien réalisé par Maratou SOUDRE  et Oui KOETA (stagiaire)

Burkina24

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