Nana industries : faire la transformation de matériaux de construction sur place

Le Burkina Faso est un pays en pleine construction où le besoin de matériaux de construction est réel et presque permanent. Burkina24 est allé à la rencontre de ‘’Nana Industries’’, cette entreprise familiale qui a su s’imposer dans le domaine de la transformation de matériaux de construction. Le directeur général adjoint Sékou Nana, économiste s’y est prêté à nos questions.

Quelle est la spécificité de Nana Industries?

La Nana Industries société industrielle qui a été créée depuis 1998. Elle exerce dans la transformation de métaux et la fabrique d’enveloppe comme activité secondaire. Dans le domaine de la construction nous faisons du fer à béton, du fer à toiture, des tôles noires pour la confection des portes métalliques, les fers d’attache, des tubes ronds, carrés et rectangulaires. Nous avons aussi une unité de fabrique de pointes, des machines qui font le grillage de clôture, les éponges métalliques (pour le ménage).

Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en votre société?

Bien avant 1998, le Président directeur fondateur El Hadj Boureima Nana avait déjà cette vision de fabriquer localement certains produits qu’il importait par le passé. Il importait du matériel de construction dans les années 80. Etant donné qu’aucun pays ne peut se développer sans industries, il s’est lancé peu à peu dans cette branche d’activités économiques. C’est ce qui a motivé la mise en place de notre société industrielle. Au regard aussi du fait que le Burkina est un pays est en pleine construction, le matériel de construction est donc  beaucoup sollicité.

Ressentez-vous une concurrence dans votre domaine d’activité qui semble complexe ?

Avant que nous nous installions, il y avait une unité qui était déjà là ; il s’agit de Hage Matériaux. Peu après nous, il y a eu SITAB, SITACI, PROFEL, et actuellement il y a TREFIMA à Bobo Dioulasso et beaucoup d’autres qui naissent. De nos jours il y a beaucoup de concurrents.

C’est d’ailleurs bien pour le consommateur qui trouvera les choix à faire en fonction de ses moyens. On remarque qu’il y a beaucoup de difficultés mais on essaie de tirer notre épingle du jeu. Cependant le marché est perturbé par certains phénomènes comme la fraude.

Travaillez-vous en synergie, en collaboration ou en partenariat avec d’autres structures ici au Burkina ou ailleurs ?

Effectivement, il y a quelques années nous avions essayé d’établir des partenariats avec des sociétés de la sous-région et à l’international en vue d’établir une joint-venture, et nous tentons toujours de créer des synergies dans le sens de promouvoir l’entreprise.

Nana Industries entreprend-elle des innovations dans ses différentes activités ?

Une industrie doit toujours se mettre à l’abri en restant à l’affût des nouvelles technologies. Il faut proposer des produits qui se démarquent de la concurrence et développer l’acquis. A notre niveau, nous sommes en train de procéder à la restructuration de nos différentes activités (nouvelles machines).

Est-ce que vous avez des défis à relever et des perspectives pour être en phase avec le marché ?

Ce qui est important pour nous  c’est revoir notre mode de gestion et notre stratégie marketing. Nous tenons également à la stabilité politique et sociale, source d’investissement ; rappelez-vous les évènements des 30 et 31 octobre 2014.

L’électricité coûte cher au Burkina. L’accompagnement des pouvoirs publics constitue un défi pour nous car on se rend compte que les industriels d’autres pays arrivent à exporter leurs produits vers le Burkina alors que nous n’arrivons pas à exporter. Nous avons  créé une association pour mener le plaidoyer dans ce sens. Nous pensons aussi que le gouvernement doit veiller au respect des règles en vigueur dans le domaine de l’industrie et de l’entreprise.

En près de vingt d’existence, l’entreprise a muri, qu’est-ce qui a accompagné ce succès ?

Tout succès c’est d’abord la personnalité du premier responsable de l’entreprise. Ici c’est la volonté, le dynamisme, le professionnalisme, l’écoute de ses clients et la capacité d’adaptation aux exigences du marché qui a permis à la société d’aller de l’avant. C’est tout un mécanisme qui part de l’achat de la matière première à la vente à des prix compétitifs en passant par une gestion rigoureuse et un savoir faire important.

Le statut d’entreprise familiale ne constitue-t-il pas une entrave à une bonne gestion ?

Il n’y a pas d’entreprise sans difficultés. Mais il faut voir cela comme un challenge. Toutes les multinationales sont des entreprises familiales au début. Il faut surtout que chacun y mette du sien pour que les entreprises familiales parviennent à exister. C’est une question d’organisation, de rigueur et chacun doit relever ce challenge afin que l’entreprise prospère. Dans nos contrées, ce sont les questions de querelles intestines et d’héritage qui plombent les entreprises familiales ; nous devons dépasser ces considérations pour aller de l’avant.

Avez-vous des conseils à l’endroit des jeunes Burkinabè ambitieux d’entreprendre ?

Mon cas est un peu particulier parce qu’il s’agit d’une entreprise familiale, et je n’ai pas eu trop de difficultés pour me faire employer ici. Mais le marché est tout à fait ouvert. J’encourage donc les jeunes qui ont ambition  d’entreprendre d’avoir d’abord la volonté, ensuite le sens du sacrifice, se donner des objectifs et enfin se spécialiser dans leur domaine.

Le Burkina est un pays en pleine croissance et tout le monde doit mettre du sien pour que règne la stabilité. Sans stabilité on ne peut parler d’investissement et sans investissement pas d’emploi.

Entretien réalisé par Boureima LANKOANDE le 7 février 2015

Burkina24

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