L’Afrique devrait établir un nouveau record d’emprunts internationaux en 2014

Un responsable du groupe bancaire sud-africain Standard Bank a récemment annoncé que le continent africain devrait établir cette année, un nouveau record d’emprunts obligataires internationaux, surpassant le volume de 16,6 milliards de dollars atteint en 2013.

«L’offre reste importante et l’appétit des investisseurs aussi. Les obligations ne devraient pas seulement provenir des Etats, mais aussi des entreprises », a déclaré Megan McDonald, la responsable de « Debt Primary Market » chez Standard Bank.

Alors qu’on achève seulement le septième mois de l’année, le volume global des émissions obligataires en dollar a déjà atteint 4,13 milliards de dollars pour les entreprises (6,95 milliards en 2013) et 6,3 milliards de dollars pour les gouvernements (9,37 milliards en 2013). Ce qui représente un total de 10, 4 milliards de dollars d’obligations déjà émises cette année.

Le contexte est effectivement favorable  pour que les emprunts internationaux des gouvernements et entreprises africaines atteignent un volume plus important. Du Sénégal au Kenya, en passant par le Nigéria, la Côte d’Ivoire ou encore le Rwanda et la Tunisie, on n’essaie de saisir l’opportunité offerte par une baisse des taux de l’ordre qui selon des indications données par l’indice JP Morgan Chase & Co a atteint 0,89%.

Même avec cette progression, la proportion du marché obligataire international comme mode de financement en Afrique reste assez faible, et ne représente que 4% des émissions obligataires en provenance des pays émergents.

A côté de cela, on notera que la dette commerciale internationale comme mécanisme de financement en Afrique reste en retrait, comparé aux volumes des financements directs étrangers.

Selon des données publiées par le Foreign Direct Investment Magazine, l’Afrique au mois d’avril 2014 avait déjà reçu l’équivalent de 20,4 milliards de dollars d’investissements directs étrangers, même si on doit relever ici que le nombre de pays concernés par ces flux de capitaux est restreints, l’Afrique du sud, le Nigéria, l’Ethiopie, l’Algérie, le Kenya et le Mozambique ayant été les principaux bénéficiaires.

Pour certains, cela représente une opportunité, en permettant aux pays ou entreprises émetteurs de mobiliser les liquidités nécessaires pour leurs expansions, d’une part, et d’autre part, satisfaire aux besoins de trésorerie en devises internationales, nécessaires pour les investissements dans un continent qui doit encore importer les équipements nécessaires à son développement.

Pour d’autres, cependant, la pertinence du recours à ces mécanismes de financement pour le continent africain va se déterminer par l’affectation des ressources qui en découlent.

En visite fin juillet 2014, au Cameroun, Makhtar Diop le vice président pour l’Afrique du groupe de la Banque Mondiale, a indiqué que si la multiplication de ces mécanismes de financement est une preuve de crédibilité de l’Afrique, les coûts qui leurs sont attachés restent importants.

Et toujours de son point de vue, les gouvernements devraient s’assurer que leur affectation soient faites dans des domaines à hauts rendements et porteurs de développement inclusif.

Aboubakar KAMAGATE (Stagiaire)

Burkina24

Source: Agence Ecofin

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