Le Burkina Faso ambitionne se lancer dans la recherche pétrolière

« Le secteur minier est le plus critiqué à l’intérieur (…) parce que dans le sous-secteur industriel, les opérateurs sont surtout des multinationales, donc des étrangers et dans la conscience populaire, les gens ont souvent l’impression qu’ils sont venus pour piller le Burkina Faso ». C’est le constat fait par le ministre des mines et des carrières, Oumarou Idani, le vendredi 4 septembre 2020, dans le cadre de la présentation des activités du mois de la redevabilité organisé par son administration.

Le ministère des mines et des carrières du Burkina Faso veut « restituer la vérité » sur le secteur minier au Burkina Faso à travers un mois de la redevabilité. Plusieurs activités sont programmées du 4 au 27 septembre 2020, mois qui était d’ailleurs consacré à la promotion du secteur via la Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest (SAMAO).

« Cette année, la SAMAO était programmée du 24 au 26 septembre (2020). Il se trouve qu’en raison des crises conjuguées sécuritaire et sanitaire (Covid-19, ndlr), la SAMAO a été ajournée. Nous avons pensé qu’il était mieux de pouvoir occuper cette espace pour donner des informations sur le secteur minier », a expliqué le ministre des mines et des carrières, Oumarou Idani.

Plusieurs activités sont ainsi au programme dont une caravane de presse qui va sillonner l’ouest du Burkina Faso pour « vivre les difficultés du secteur minier, mais aussi les performances de ce secteur », a indiqué le ministre des mines et des carrières. Lors de cette tournée avec les Hommes de médias, des sites miniers et des sites de carrières seront visités.

Par ailleurs, des communications en lien avec le secteur minier sont prévues, notamment sur les programmes de recherches au Burkina Faso, la gestion des titres miniers, le contrôle de l’activité minière, la politique de promotion des carrières ou les programmes de formation et de promotion des emplois nationaux dans le secteur. Des institutions telles le Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) ou le Cadastre minier, œuvrant dans le domaine minier, vont également se laisser découvrir à travers des présentations et des visites de leurs locaux.

15% pour le FONER

Au cours de la présentation des activités du mois de la redevabilité, le ministre des mines a livré une communication sur le thème « les mines et les carrières au Burkina Faso : un secteur en pleine mutation ». Selon le ministre, depuis 2008, l’or est devenu le premier produit d’exportation du Burkina Faso avec plusieurs réformes à la clé. L’une des réformes emblématiques est l’opérationnalisation des fonds miniers mis en place par le Code minier, a fait savoir le ministre dans sa communication.

« Le Fonds minier de développement local : 51 milliards de F CFA distribués à l’ensemble des communes et des régions du Burkina en 3 répartitions, le Fonds de réhabilitation et de fermeture de la mine : 40 milliards collectés, le Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés (en cours d’opérationnalisation), et le Fonds de financement de la recherche géologique et minière et de soutien à la formation sur les sciences de la terre : 19,5 milliards de F CFA », a-t-il fait savoir.

Concernant le dernier fonds cité, il a fait l’objet de répartition selon la clé suivante : le BUMIGEB (65%), le Ministère des mines et des Carrières (10%), le FONER (15%), les départements des universités publiques en charge de la formation dans le domaine des sciences de la terre (5%) et les autres structures publiques de formation (5%). Rappelons que le Burkina Faso est passé de 10 mines en exploitation en 2010 à 17 mines au 30 juin 2020.

Bilan de la mise en œuvre du PNDES dans le secteur minier (sources : ministère des mines)
Bilan de la mise en œuvre du PNDES dans le secteur minier (sources : ministère des mines)
Bilan de la mise en œuvre du PNDES dans le secteur minier (sources : ministère des mines)

En termes de perspectives, le ministère des mines et des carrières entend mettre en œuvre la stratégie du contenu local en synergie avec tous les acteurs, notamment les autres secteurs de production, la mise en place de l’école des métiers de la mine, le renforcement de l’opérationnalisation des fonds, et l’intensification de l’exploitation industrielle.

Le ministère compte aussi opérationnaliser l’exploitation des carrières de calcaire à ciment de Tin Akoff, l’exploitation des autres substances (cuivre, platine…), l’élaboration du Code pétrolier et la recherche pétrolière et la réalisation de l’immeuble des mines et de la cité des miniers.

A écouter Oumarou Idani, le secteur des mines est dans une phase de transition et le meilleur reste à venir au regard des investissements en cours, dit-il. Selon une étude de la Banque Mondiale, a poursuivi le ministre des mines, « en 2018 le Burkina Faso seul a reçu 25% des investissements d’explorations minières en Afrique ».

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