Quand Donald Trump revendique la liberté d’expression sur les réseaux sociaux

Ulcéré par l’attitude de Twitter à son égard, le Président américain, Donald Trump, a signé le jeudi 28 mai 2020 un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération des contenus.

« Nous sommes ici pour défendre la liberté d’expression face à un des pires dangers qui soit », a déclaré le président américain dans le bureau ovale, en référence à ce qu’il a appelé le « monopole » des groupes technologiques.

« Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques », a-t-il élaboré en signant le décret qui devrait être le point de départ d’une longue bataille en justice, rapporte « LaPresse.ca ».

Très actif sur Twitter où il mêle, à un rythme effréné, annonces politiques, attaques personnelles, théories du complot et propos de campagne, le locataire de la Maison-Blanche dénonce de longue date ce qu’il estime être un biais idéologique et politique de la part des géants de la Silicon Valley.

Donald Trump à la Section 230 de « Communications Decency Act »

Surtout, il ne décolère pas depuis que son réseau de prédilection a épinglé le mardi 26 mai 2020 deux de ses messages, en ajoutant la mention : « Vérifiez les faits ». Le réseau des gazouillis a, en effet, encouragé les internautes à vérifier les faits quand Donald Trump a affirmé que le vote par correspondance était forcément « frauduleux » car sujet aux manipulations.

Une pratique de plus en plus courante pour les tweets à caractère trompeur ou dangereux, mais une première pour Donald Trump. Au nom de la liberté d’expression, et à titre de représailles, selon ses détracteurs, le Président américain a donc décidé de s’attaquer à la célèbre Section 230 de « Communications Decency Act ».

Pierre angulaire de l’internet américain, cette section offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d’intervenir sur les plateformes à leur guise.

« Intimider » les réseaux sociaux ?

Le décret cherche à modifier le champ d’application de cette loi de 1996 et affirme que l’immunité ne peut pas s’étendre à ceux qui pratiquent la « censure de certains points de vue ». « Quand des réseaux sociaux puissants censurent des opinions […], ils cessent de fonctionner comme des forums passifs. Ils doivent être considérés et traités comme des créateurs de contenus », énonce le texte soumis par Donald Trump.

Mais, pour certains, ce dernier veut surtout « intimider » les réseaux sociaux. Le décret constitue « une menace flagrante et anticonstitutionnelle pour punir les plateformes qui déplaisent au Président », abonde l’ONG American Civil Liberties Union (ACLU). 

Mark Zuckerberg, le fondateur et patron de Facebook, est entré dans la bataille en rappelant sur Fox News jeudi qu’à son avis les plateformes ne devraient pas se poser en « arbitre de la vérité sur tout ce que les gens disent en ligne ». Mais « un gouvernement qui choisit de censurer une plateforme parce qu’il s’inquiète au sujet de la censure ne me semble pas exactement être le bon réflexe », a-t-il ajouté.

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