Contenus haineux : Des associations françaises assignent Twitter en justice

Quatre associations françaises demandent à la justice de nommer un expert chargé de réclamer à Twitter des informations concernant ses pratiques en matière de modération. 

Twitter se retrouve sous le feu des critiques pour ses pratiques en matière de modération. Quatre associations, notamment l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), « J’accuse », SOS-Racisme et SOS-Homophobie, ont assigné le réseau social américain en référé devant le tribunal judiciaire de Paris, a révélé Le Monde ce 12 mai 2020.

Ces associations réclament la nomination par le tribunal d’un « expert judiciaire » pour obtenir de Twitter des informations concernant la modération des messages considérés comme illégaux. La loi française impose aux réseaux sociaux de lutter contre la diffusion de certains propos (apologie du terrorisme, incitation à la haine raciale, à la violence, etc.). Il est dit que les entreprises doivent aussi « rendre publics les moyens qu’elles consacrent à la lutte contre ces activités illicites ». 

Les associations espèrent que l’expert pourra réclamer des informations sur les personnes chargées de la modération chez Twitter comme leur nombre, leur localisation, leur langue et leur nationalité. Mais aussi connaître le nombre de signalements reçus de l’incitation à la haine raciale et les crimes contre l’humanité.

11% des contenus signalés ont été retirés 

Les associations ont été motivées par une expérience menée par trois d’entre elles pour évaluer la modération effectuée par Twitter. Elles ont signalé 1.100 tweets contenant des mots-clés liés à des discours racistes, antisémites, etc. 

Quelques jours plus tard, seulement 11% de ces messages auraient été retirés. A titre de comparaison, les associations ont signalé des discours similaires publiés sur Facebook. Le taux de retrait aurait été largement supérieur, de 67%.

Ce n’est pas la première fois que les associations dénoncent des lacunes concernant la modération sur Twitter mais aussi sur Facebook et sur YouTube. Il y a quatre ans, une première assignation en justice avait débouché sur une médiation entre elles et les réseaux sociaux mais elle avait échoué. Elles espèrent qu’une fois nommé, l’expert judiciaire « pourra aller sur place et demander les documents », selon Noémie Madar, présidente de l’UEJF, citée par Le Monde.

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