Semaine Africaine de la Micro-finance: A la recherche de stratégies d’inclusion du monde rural dans les finances

Le Burkina Faso abrite du 21 au 25 octobre 2019, la 4e édition de la Semaine Africaine de la Micro finance (SAM) après le Sénégal, l’Ethiopie et la Tanzanie. Cette initiative soutenue par le Grand-Duché de Luxembourg en partenariat avec l’ONG ADA, se penche tous les deux ans sur les préoccupations de la micro-finance en Afrique. A Ouagadougou, les participants sont à la recherche de bonnes pratiques en matière de services financiers destinés  aux populations et partant de là, capables d’amorcer un développement durable. D’où le thème « En quête d’impact : la finance inclusive au service des Objectifs de Développement Durable ».

La micro finance constitue un puissant vecteur d’inclusion financière dans les pays en développement. Selon Norbert Toé, vice-président de la BCEAO, « plusieurs études de par le monde soulignent la contribution significative de la micro finance aux financements des activités génératrices de revenus et donc la croissance économique ».

Alors qu’en Afrique, fait remarquer, Paulette Lenert, la ministre luxembourgeoise de la coopération et de l’action humanitaire, pas moins de 40% des  petites entreprises des pays en voie de développement ont des besoins de financement pas encore satisfaits.

Et Pauline Zouré, la représentante du ministre de l’économie, des finances du Burkina, d’assurer qu’il existe une corrélation entre l’indice de développement humain d’un pays et son taux d’inclusion financière. « Les pays ayant les indices de développement humain élevés sont ceux  qui ont les taux de bancarisation avoisinant les 100% », dit-elle.

La promotion de la finance inclusive, c’est-à-dire l’amélioration de l’accessibilité et aux services de finance à un plus grand nombre de la population, est devenue une priorité des autorités pour l’atteinte des objectifs du développement durable

Dès lors l’assainissement du secteur de la micro-finance apparaît comme la condition sine qua non pour assurer la fourniture de services financiers adaptés aux attentes et aux réalités des populations.

« Il faut, dira toujours Norbert Toé, un secteur financier sain, résilient et inclusif qui donne l’opportunité aux clients de développer des activités génératrices de revenus, pour améliorer leur condition de vie tout en contribuant à la croissance économique des Etats ».

Pour ce qui concerne l’espace UEMOA, le taux d’utilisation de service de micro finance dans l’union est établi à environ 22% pour un taux d’inclusion financière proche des 60%. La BCEAO, à l’en croire, a entamé la révision du cadre juridique régissant le secteur de la micro finance, l’ambition est de corriger les faiblesses identifiées en prenant en considération les préoccupations des acteurs.

Au Burkina Faso, la micro-finance, confie Pauline Zouré, se positionne de plus en plus au plan national comme une réponse aux sollicitations de pauvres en tant que système alternatif d’accès aux services financiers. Mais des faiblesses existent toujours. Environ 39% de la population adulte n’a pas toujours accès au service financier et seulement 40% ont accès au service financier formel.

La promotion de la bancarisation, a-t-elle rappelé, est une préoccupation du gouvernement qui vient d’adopter une stratégie nationale de la finance inclusive pour la période 2019-2023.

800 participants venus d’Afrique et de l’Europe sont à cette rencontre et échangeront sur les meilleures approches  pour assurer un impact socio-économique positif à travers l’inclusion financière, notamment le financement de l’agriculture, l’assurance, la finance numérique et finTech, l’emploi des jeunes, les financements des micro et petites entreprises, le traitement des inégalités entre hommes et femmes.

L’objectif pour le président du comité d’organisation, Wango Fidèle Yaméogo, c’est d’amener tous ceux qui sont exclus du système des finances à l’intégrer.

Paulette Lenert, ministre de la coopération et de l’action humanité du Luxembourg

Néanmoins, la ministre luxembourgeoise attire l’attention sur le fait que l’inclusion financière ne représente pas une fin en soi. « C’est un moyen en vue d’atteindre un but, un objectif, un résultat et enfin un impact celui de permettre à nos populations de mieux vivre », explique-t-elle.

La preuve, fait-elle remarquer, malgré les croissances enregistrées par l’Afrique ces dernières années, ces progrès socio-économiques ont du mal à suivre le rythme de la croissance démographique et les indicateurs du développement humains restent trop bas et subissent des poches de fragilité. 33% des Africains vivent toujours en extrême pauvreté. La finance inclusive est certes pour elle, largement reconnue comme un facilitateur du progrès, bien sûr, en combinaison avec d’autres interventions publiques et privées.

Plusieurs autres activités sont au programme de la rencontre. Ce sont entre autres, la foire des investisseurs, des rencontres B to B, le village des innovateurs, le grand soir sur la finance digitale.

C’est une occasion pour les investisseurs et innovateurs de mener la réflexion sur les types de produits et services financiers adaptés aux besoins du monde rural.

Les banques, les systèmes financiers décentralisés, les sociétés d’assurances et les compagnies de téléphonie trouvent ici des mécanismes pour développer des synergies d’actions en vue d’améliorer l’accès et l’utilisation des produits et services financiers par les populations.

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