Monétique et inclusion financière : Les banques s’y mettent

Contraste. Dix-sept ans après la prise de la directive n°08/2002 par l’Union économique et monétaire ouest-africaine, « l’utilisation des cartes bancaires à l’image du taux de bancarisation reste relativement faible ». « Conscient du retard accusé», les banquiers du Burkina, réunis à travers l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF-B), veut inverser la donne. Les manœuvres  prévoient la tenue de la première édition des journées nationales de la monétique.

Le constat fait par l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina est sans équivoque, ce 30 avril 2019 : « Le canal privilégié des banques il y a 5 ans, 10 ans, c’était les agences bancaires. Vous voulez faire une opération bancaire, vous allez en banque. Aujourd’hui, à part les agences, vous avez les GAB. Si je vous dis, sortez vos mobiles de vos poches, vous verrez qu’il y a plus de mobiles que de personnes. On a aujourd’hui un canal, un vecteur clé qui est le mobile ».

Les banques se retrouvent concurrencé, devancé sur ce secteur par les compagnies de téléphonie. C’est « conscient du retard accusé et de la concurrence perceptible » que les banques et établissements financiers enfourchent leurs chevaux. Elles entendent bien relever le défi de la modernisation des systèmes et moyens de paiement en promouvant l’interopérabilité et l’inclusion financière au travers de la monétique. Ce que certains établissements financiers réussissent déjà à  travers  l’offre paiement de factures et l’usage des Terminaux de paiement électronique (TPE).

« Pour nous, c’est très important. La banque veut être un instrument au service du développement de nos pays. On ne veut plus être des banques dans nos tours. Aujourd’hui, nous descendons de nos tours et nous sommes à la disposition des clients pour de meilleurs services », décline Martial Kpakpovi Gueh-Akue, président de l’APBEF-B. Taux d’inclusion financière visé : 80%.

Pour les besoins de la campagne de séduction, l’association opte pour l’organisation de la toute première édition des journées nationales de la monétique (ensemble des technologies mises en œuvre pour l’utilisation des cartes bancaires et qui permet des échanges d’argent de manière complètement dématérialisée). Le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou sera le lieu pour les banques et établissements pour séduire leur clientèle et conquérir des prospects qu’ils invitent à intégrer dans leurs habitudes et comportements le système de paiement électronique.

Et pour cause, « le mode de vie des gens change », observe M. Gueh-Akue. Les banques concurrencées ne veulent pas laisser se creuser davantage le fossé. En effet, les chiffres disponibles donnent deux (02) millions de comptes bancaires pour près de 800 points de services au Burkina Faso.

Le pays enregistrait en fin d’année 2017 un taux de bancarisation de 22%. En élargissant la base (banques et micro-finances), celui-ci passe à 45%. Étendu  encore plus en prenant en compte le système électronique, le taux passe à 79%. « Nous voulons aller plus haut et atteindre le taux de 45%, fixe le président de l’APBEF-B qui admet : c’est un grand challenge ». Un défi à relever en quarante-huit heures; soit les pour les 10 et 11 mai 2019 au pavillon soleil levant du SIAO.

Oui KOETA

Burkina24

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