La customisation d’armes : Le rêve de Abdoul Aziz Yoda

La customisation, c’est l’art de personnaliser un objet selon le choix du client. Abdoul Aziz Yoda, un artiste burkinabè, a appris cet art en Italie. Pour des raisons de santé, il est rentré au pays pour se soigner et envisage retourner pour continuer. Il s’est prêté aux questions du site Lesaffairesbf afin de partager son expérience et de présenter plus l’activité.

Burkina 24 (B24) : Qui est Abdoul Aziz Yoda ?

Abdoul Aziz Yoda (AAY) : Je suis Abdoul Aziz Yoda. J’ai suivi une formation de customisation en Italie pendant 3 ans. A la fin de ma formation, quand je devais exercer,  je suis tombé malade et j’étais obligé de rentrer au pays. Cela fait 5 ans que je suis au pays.

Après ma guérison, je me suis formé en tapisserie pour me débrouiller comme le travail de customisation n’existe pas ici. Je confectionne et je répare des meubles. Il s’agit des fauteuils, des pouffes, des fauteuils, des coussins.

B24 : Que doit-on comprendre par la customisation ?

AAY : En Italie j’ai appris la customisation dans deux endroits en 3 ans. Dans la journée, je faisais la customisation d’armes et dans la soirée, j’apprenais à peindre, à faire des dessins sur les objets et des portraits des personnages. Mais je maîtrisais beaucoup la customisation d’armes et je devais avoir un contrat même avec une usine. Ma maladie m’a obligé à rentrer au Burkina Faso.

La customisation d’armes n’existe pas en Afrique. Après la fabrication de l’arme, c’est nous qui assurons la décoration. Chaque dessin a un nom avec une multitude de formes. On peut le faire avec le marquage par sublimation, qui est une technique qui ne peut pas être appliquée directement sur de la peinture céramique mais sur des pièces peintes et vernis comme des crosses ou plaquettes de crosse, accessoires, etc.

Egalement le marquage à l’aérographe est une technique artistique qui permet de reproduire l’image ou le motif de votre choix sur l’arme à feu ou tout autre objet.

Les images du catalogue de sa structure en Italie

B24 : Vu que ce travail n’existe pas au Burkina Faso, que comptez-vous faire avec cet art ?

AAY : Si je gagne de l’aide pour retourner en Italie, je n’aurai plus besoin de formation pour pratiquer. Il suffit de me présenter dans une usine pour demander du travail.

B24 : Pensez-vous que ce travail est plus rentable que les autres emplois que font les Burkinabè en Italie ?

AAY : Oui. Avant mon départ pour l’Europe, je faisais des dessins ici. J’ai appris que les blancs aiment beaucoup les dessins. C’est pour cela que je suis allé en Europe. Le dessin est ma passion. A mon arrivée, on m’a fait savoir que le dessin avait plus d’argent que les autres travaux que font mes compatriotes.

A la fin du mois,  mes compatriotes peuvent gagner entre 1500 à 2 000 Euros. Mais l’apprentissage de la customisation prend beaucoup de temps. Mais quand j’ai maîtrisé la technique, un jour un propriétaire d’une usine m’a rencontré et a proposé la somme  40 000 Euros soit 26 millions de F CFA par mois. Actuellement, je ne sais pas si je pourrai avoir ce même prix si je repartais. Mon souhait,  c’est de repartir. Mais je n’ai plus les moyens.

B24 : De quoi souffrez-vous en Italie et qu’on n’a pas pu soigner là-bas ?

AAY : Quand ma maladie a commencé, j’ai contacté mon père pour qu’il m’envoie de la pharmacopée mais cela n’a pas été efficace. Mes parents m’ont demandé de revenir et j’ai refusé. A la suite, ma famille m’a contacté de revenir et j’ai questionné pour comprendre les mobiles. En réponse, ils ont affirmé qu’ils sont au courant de ma maladie mais de rentrer.

Je n’arrivais pas à dormir et je faisais des cauchemars. Je pense que c’est par jalousie que ma famille m’a lancé un sort. Mais si je dois repartir, la customisation d’armes existe dans d’autres pays autres que l’Italie.

Un dessin qu’il a réalisé sur place pour nous

B24 : En rentrant au Burkina Faso, avez-vous vos papiers en règles ?

AAY : Mais mes papiers sont expirés. Je dois forcement renouveler tout mes papiers. Avec la tapisserie, c’est juste assurer les besoins primaires.

B24 : Quelles sont vos perspectives dans l’avenir ?

AAY : Je n’ai pas le choix. Je vais continuer avec la tapisserie en attendant qu’une bonne volonté m’aide à repartir. En réalité, quand j’ai commencé la tapisserie, cela marchait bien. Mais depuis l’insurrection populaire, les commandes sont rares.

Propos recueillis par Jules César KABORE

Lesaffairesbf

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