Awa Antoinette Compaoré, chef d’entreprise

« Hommage aux femmes » est un projet initié par Lonsili Bébéto, artiste conteur burkinabè résidant au canada. Un projet qui vise à « valoriser, célébrer et honorer les femmes », organisé chaque 8-Mars, à l’occasion de la journée internationale de la femme. « Femmes : identité du genre, autonomie et leadership », c’est sous ce thème que se tient la prochaine édition du 2 au 27 mars 2017, à Montréal au Canada. Parmi la douzaine des lauréates se trouve une Burkinabè. Il s’agit de Awa Antoinette Compaoré, chefe d’entreprise. Elle dirige une société de résine et une imprimerie. La lauréate évolue également dans la transformation agroalimentaire. Elle s’est prêtée aux questions du site lesaffairesbf afin de la découvrir davantage.

Burkina 24 (B24) : Qui est Awa Antoinette Compaoré ?

Awa Antoinette Compaoré (AAC) : Je m’appelle Awa Antoinette Compaoré, mariée et mère de trois enfants. Je suis la directrice de l’entreprise « RESYBAT » qui évolue dans le revêtement des sols, de la décoration, de l’entretien et le nettoyage. Je suis également dans l’imprimerie avec « Impri concept » et dans la transformation agroalimentaire avec le soja.

B24 : Depuis combien de temps êtes-vous dans l’entrepreneuriat ? 

AAC : L’entreprise existe depuis 2007. Nous faisons des travaux de finition des sols dans le bâtiment, notamment les devantures des maisons. Dans l’imprimerie, c’est principalement dans la conception des gadgets publicitaires. Egalement dans l’agroalimentaire, c’est surtout la transformation du soja en lait, en yaourt et en fromage.

B24 : Comment arrivez-vous à concilier les activités professionnelles et la famille ?

AAC : Ce n’est pas facile mais j’ai la chance que mon mari et moi nous travaillons ensemble. Mais ce n’est pas facile la gestion professionnelle et familiale, surtout avec les enfants qui sont à la maison. Quand je sors le matin, c’est le soir que je rentre. C’est un peu délicat mais on arrive à s’en sortir. J’arrive à subvenir à mes besoins et à payer mes employés.

Awa Antoinette Compaoré, dans son bureau

B24 : Vous êtes lauréate « aux hommages aux femmes » dans le cadre du 8-Mars 2017 au Canada. Comment avez-vous connu l’évènement ?

AAC : Le projet « hommages aux femmes » est une surprise pour moi. C’était lors de la Semaine nationale de l’architecte à Ouaga 2000 que j’ai fait la connaissance d’un monsieur qui m’a posé des questions. Ensuite, je suis parue dans un journal « entreprise et innovations ». Un jour, j’ai reçu un coup de fil d’une dame me proposant comme candidate. Et j’ai accepté pour représenter le Burkina Faso.

B24 : A votre avis, qu’est ce qui a motivé votre choix  ?

AAC : Les gens me trouvent femme battante, hors du commun. Mais pour moi c’est naturel, je travaille parce que j’aime travailler. Et quand quelqu’un me dit femme battante,  pour moi, il s’agit du handicap. Et on estime que je peux faire mieux que ceux qui ne sont pas handicapés. C’est par rapport à ça, je crois.

Mais moi je ne me trouve pas extraordinaire. Mon handicap ne me gène pas. Mais quand on me glorifie, on me rend hommage pour ça. Je suis très contente.

B24 : Quelles étaient vos chances face aux 11 femmes du monde ?

AAC : Je suis confiante. C’est le travail avant tout. Quand tu fais ton travail, tu le fais à la perfection et cela devient une passion. Avec cette passion on peut aller loin et dépasser les autres. Cette désignation au projet « hommages aux femmes » me motive à aller de l’avant et à encore travailler plus.

Je ne travaille pas pour avoir un prix, mais pour ma famille et moi-même. Mais cette récompense sera un plus. C’est un défi et je m’engage à le relever avec la très bonne manière pour mériter la confiance placée en moi.

B24 : Un mot à l’endroit des femmes qui vivent avec un handicap ?   

AAC : L’handicap n’est pas facile. Je suis forte, mais très faible. J’ai eu mon handicap lors d’un accident de la circulation. Je fais tout pour me détacher de ce handicap. J’aimerai dire aux handicapés d’oublier leur handicap et de se dire que l’on est comme tout le monde. J’ai une main mais j’essaye de faire tout comme ceux qui ont deux mains. Ceux qui n’ont pas de pieds peuvent utiliser les mains pour travailler et gagner leur vie.

On a toujours un membre qui peut servir à faire quelque chose pour survenir à ses besoins. C’est vexant quand tu demandes et que l’on ne te donne pas. Encore si on te donne par pitié,  c’est écœurant. Toute personne handicapée ne doit pas se laisser battre par le handicap et de toujours faire quelque chose.

Le handicap est mental. Quand tu le surmontes, tu peux tout faire comme les valides. Pour une femme qui ne fait rien, c’est son mari qui sera fatigué à la longue. Une femme doit avoir au minimum une source revenus pour dépanner son homme.

Propos recueillis par Jules César KABORE

lesaffairesbf

 

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