Cheick Oumar Zongo, chef d’entreprise : « Un jeune de 20 ans sait comment faire pour réussir sa vie »

 « Atlantique Distribution et service » est une société qui excelle dans le domaine de l’informatique, de l’immobilier et de l’import-export. Cheick Oumar Zongo, le directeur général, s’est prêté aux questions du site lesaffairebf, afin de partager son expérience et présenter davantage son entreprise. Aussi donne-t-il son point de vue sur les innovations dans le secteur des technologies au Burkina Faso.

Burkina 24 (B24) : Comment appréciez-vous le milieu de l’informatique au Burkina, ainsi que l’innovation dans ce domaine?

Cheick Oumar Zongo (COZ) : Chacun essaie de faire ce qu’il peut pour pouvoir se faire une place. C’est vrai qu’il y a la concurrence, mais je pense  qu’il y a assez de place pour tout le monde.

L’innovation est assez acceptable, surtout avec le renouveau qu’il y a. Je sais qu’il y a des projets dans le domaine de la fibre optique pour l’amélioration de l’Internet et plein d’autres initiatives que ce soit du gouvernement ou dans le secteur privé, qui tendent à faciliter ou du moins à rendre encore meilleurs l’informatique, les réseaux, l’internet. Aujourd’hui,  dans le monde où nous sommes, il y a plus de monde qui s’intéresse à cet outil parce que c’est devenu pratiquement indispensable, voire une nécessité pour le travail.

B24 : En matière d’import-export, quels sont les produits que vous commercialisez ?

COZ : Ce sont des produits divers. On peut citer, entre autres, les produits informatiques, de l’immobilier, de l’équipement des bureaux et pleins d’autres produits. Tout dépend de la demande du moment et on s’adapte.

B24 : Comment se passe l’opération et quelles difficultés rencontrez-vous quand vous importez ?

C’est vrai que ce n’est pas facile. D’abord le premier point c’est comment faire pour trouver les ressources financières. Ensuite ça se passe comme ailleurs ; c’est-à-dire qu’on  y va, on identifie les besoins et ça se passe par le chargement des conteneurs pour le fret aérien, et c’est ainsi qu’on achemine les produits vers le Burkina.

Les difficultés du voyage, c’est que c’est souvent de longues heures de vol et nous voyageons dans des pays où la monnaie n’est pas fixe. Il y a des moments où, on a une idée du prix et quand on arrive, il y  a souvent des spéculations au niveau de la monnaie. Des fois on se retrouve à perdre beaucoup d’argent, même avant d’avoir fait les achats.

En ce qui concerne le dédouanement, je pense qu’il n’y a pas de difficultés car c’est connu de tous. Il y a des textes, il y a des valeurs qui sont dans des écrits. On essaie de faire ce qu’on peut pour les respecter.

B24 : Comment s’effectuent vos commandes ?

COZ : Ce n’est pas prédéfini. Aujourd’hui nous nous intéressons aux appels d’offres. Ce qui fait qu’on a des commandes avec des privés mais ce n’est pas vraiment significatif. Tout dépend du contrat qu’on arrive à décrocher. Et on ne peut pas prévoir quelle sera la commande.

Il y a des commandes pour lesquelles nous ne sommes pas obligés de nous déplacer. On peut juste passer la commande et avec l’aide de nos partenaires de là-bas, ils font acheminer les produits jusqu’ici, quand ce n’est pas trop important.

B24 : Vous avez donc des clients du privé comme du public ?

C’est beaucoup avec le public.  60% de nos commandes sont publiques et 35% à 40% sont privées.

B24 : Et comment appréciez-vous vos rapports avec l’administration publique ?

COZ : Ça se passe bien. Ce sont des partenaires, et nous sommes obligés de trouver des terrains d’entente entre fournisseur et l’administration. Il y a souvent des incompréhensions, mais globalement ça se passe bien. Si tu n’arrives pas à t’entendre avec l’administration c’est un problème, donc on fait tout pour que ça aille.

B24 : Quels sont les secrets d’une réussite, selon vous ?

COZ : Vous savez, je ne me considère pas comme une personne qui a réussi, c’est la première des choses.

L’entreprise se porte bien mais il n’y a vraiment pas de secret, en tout cas moi je n’en ai pas. Le secret pour moi, c’est de travailler dur, c’est le maître mot. Et aussi essayer de rencontrer le plus de monde possible.

Il faut être correct quand on te confie un travail,  être honnête et surtout ne pas décevoir tes clients, faire bien ton travail, respecter les délais, respecter la conformité de ce que tu proposes. Il faut avoir une bonne image vis-à-vis de l’administration ou du privé. Il faut que les gens sachent qu’après avoir passé des commandes ou signer un contrat avec toi, ils peuvent dormir tranquilles parce que ce sera bien fait.

B24 : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ?

Les gens ont tendance à dire qu’il faut conseiller les jeunes, il faut leur dire ceci ou cela. Je pense qu’à partir d’un certain âge, toute personne doit savoir ce qu’il veut faire de sa vie. Certaines personnes sont plus théoriques que pratiques. Je prends l’exemple d’un jeune de 20 ans, il sait comment faire pour réussir sa vie. Il te dira quelles sont les étapes à suivre comme par exemple : il faut travailler, il faut être honnête, il faut faire du bien autour de soi, etc.

 Tout le monde sait comment faire pour réussir. Mais il y a ceux qui le disent et ceux qui le pratiquent réellement. Si tu le mets vraiment en pratique, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. Quelqu’un qui travaille, qui est honnête dans ce qu’il fait et qui y met tout son amour à 80% ou 90% de réussir.

Il ne suffit pas de dire « voilà comment ça se passe, on va faire ceci ou cela » ou bien quelqu’un va te dire « on va travailler et on va réussir notre vie », tout en ne mettant rien en œuvre pour réussir. Mon conseil c’est de dire à ces jeunes de mettre en pratique ce qu’ils savent déjà.

Propos recueillis par Ali NANA

Lesaffairesbf

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