Développement durable : 48 pays de plus en plus pauvres selon la CNUCED

La Conférence des Nation unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a rendu public ce 13 décembre 2016, le rapport des Nations unies sur la situation économique des pays les moins avancés. Intitulé « Rapport 2016 sur les pays les moins avancés : Le processus de reclassement et au-delà : tirer parti de la dynamique», il révèle que la pauvreté est surtout concentrée dans 48 pays du monde.

L’écart se creuse davantage entre pays pauvres et pays développés selon le rapport. Les 48 pays connus comme les moins avancés (PMA) sont de plus en plus à la traîne du reste du monde.

Le classement des PMA. Pourtant, en 2011, la communauté internationale prévoyait que d’ici à 2020, la moitié des PMA pourraient répondre aux critères de reclassement. Mais aujourd’hui déjà, cet objectif parait irréalisable.

En effet, seulement quatre pays pourront franchir la barre : un pays (Samoa) a été reclassé depuis 2011, et la Guinée équatoriale, le Vanuatu et l’Angola devraient être reclassés dans les prochaines années. Et d’ici à 2021, 13 autres pays répondront aux critères de reclassement, selon la CNUCED.

Un pays qui bénéficie d’un reclassement doit par la suite s’inscrire dans un « reclassement dynamique » selon les termes du rapport. Toute chose qui devrait se traduire par un processus marqué par des changements structurels qui entraînent une hausse de la productivité de leur économie.

Pour le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi, ce reclassement n’est que le début d’un nouveau combat. « Le reclassement n’est pas la ligne d’arrivée d’une course dont le but est de s’échapper de la catégorie des PMA, mais la première grande étape d’un marathon dont l’objectif est de parvenir à un développement durable à long terme», soutien-t-il.

L’institution des Nation unies précise que depuis 1990, la proportion de pauvres vivant dans les 48 PMA, loin de baisser, a plus que doublé à l’échelle mondial, pour se fixer à plus de 40 %. De même, la population qui n’a pas accès à l’eau a doublé et s’établit à 43,5 %.

« Le taux d’extrême pauvreté se situe entre 70 et 80 % dans six PMA et entre 50 et 70 % dans 10 autres. Il n’y a que quatre autres pays dans le monde où ce taux est supérieur à 30 % mais ne dépasse pas 50 % », chiffre le rapport.

Sur le terrain, cette pauvreté se manifeste par une mauvaise alimentation, une détérioration de la santé, un manque d’accès à l’éducation, entrainant comme conséquence une baisse de la productivité et de l’investissement.

De nouvelles mesures. Afin de venir à bout de cette misère, le rapport préconise une intensification de l’aide internationale sur plusieurs plans : financier, commercial et technologique. Ainsi, pour un meilleur impact des mesures internationales, qui devraient prendre en considération les besoins des PMA, le rapport a proposé de nouvelles pistes :

-Le respect  des engagements à long terme par les donateurs d’allouer 0,15 à 0,20 % de leur revenu national à l’aide aux PMA;

-L’admission en franchise de droits et sans contingent de 100 % des exportations des PMA sur les marchés des pays développés devrait être accélérée ;

-De nouveaux efforts devraient être faits pour sortir de l’impasse des négociations qui se tiennent à l’Organisation mondiale du commerce sur le traitement spécial et différencié en faveur des PMA ;

-La banque de technologies pour les PMA devrait être pleinement opérationnelle à la date prévue, soit 2017;

-L’amélioration du suivi du transfert de technologie aux PMA.

Enfin, il est recommandé qu’il soit procédé avec douceur au processus de transition des pays reclassés. Cela afin que la perte du bénéfice des mesures internationales d’appui n’ait pas d’effets désastreux.

Synthèse de Ali NANA

Lesaffairebf

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