Aziz Ouattara: « Le PNDES est un programme mort-né »

« L’échec d’une classe politique et l’espoir dissipé d’un peuple »  était le thème de la rencontre organisée par le « Collectif pour un peuple uni ». Ce mercredi 5 octobre 2016 à Ouagadougou, le mouvement a donné sa lecture sur la gestion du Burkina.

Pour Aziz Ouattara, coordonnateur du « collectif pour un peuple uni », en moins d’une année de gouvernance, le Burkina a connu la pire histoire de son existence depuis son accession à l’indépendance.

Il fait remarquer que chaque jour on assiste, ces derniers temps, à des mouvements d’humeurs dans tous les secteurs d’activités et dans les différents ministères. Les revendications sociales sont de plus en plus nombreuses. Pour le coordonnateur du collectif, c’est « la satisfaction de la plate-forme revendicative des magistrats qui est à l’origine de la grogne sociale ».

Les multiples manifestations contribuent à détériorer l’image du pays au plan international et à  rendre les investisseurs réticents.

Aziz Ouattara pense que ces manifestations tuent l’économie car aucun investisseur ne va injecter son argent dans cette situation.

« La grogne sociale (ajoutée) aux menaces des OSC  écorchent l’image du pays à l’international et tuent l’économie du pays par la fuite des investisseurs étrangers et nationaux », ajoute-t-il.

Il poursuit en disant que « quand la machine est grippée, il faut s’arrêter, dépoussiérer et changer les pièces qu’il faut pour un meilleur fonctionnement de l’appareil ».

Le PNDES

 Le programme national de développement économique et social (PNDES), avec un budget de 15 000 milliards de F CFA  pour la période de 2016-2020 pour la relance économique nationale, est passé sous la loupe du collectif.

Il estime que c’est un programme budgétivore. Aziz Ouattara n’hésite pas à dire qu’il est « mort-né ». Le pouvoir verra qu’il n’aura pas de soutien des bailleurs de fonds et c’est le contribuable qui en paiera les frais, assure-t-il.

Aziz Ouattara suggère qu’« il fallait mettre l’accent sur les programmes existants qui peinent à s’appliquer efficacement ».

Le collectif propose des solutions, pour la relance économique nationale, en précisant que les colloques, les ateliers, les forums, table rondes ne pourront pas faire revenir certaines sociétés qui plient de plus en plus bagages.

« Ce dont notre pays a besoin aujourd’hui, c’est du cash, pour que la dette intérieure soit épongée pour permettre de faire tourner l’économie », affirme-t-il.

La stabilité politique et la sécurité du pays sont incontournables pour le développement car ces éléments constituent un noyau pour une visibilité et un envol de l’économie nationale.

La passation à la 5e République

 Le collectif trouve que le passage à la 5e République est  juste un besoin de rupture avec l’ancien régime. Les fonds, selon le coordonnateur, pourraient être utilisés pour faire autre chose.

« Une seconde révolution sera nécessaire pour assainir le milieu politique actuel. (…) Le milieu politique doit être assaini et de revoir la diplomatie qui piétine. Les nominations fantaisistes dont les résultats produits par les bénéficiaires ne sont profitables qu’à eux et à leurs proches et non au peuple qui est le contribuable», martèle Aziz Ouattara.

Jules César KABORE

LesaffairesBF

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