Résultat de l’enquête parlementaire: Les populations et l’Etat profitent peu de l’or

Selon le résultat de l’enquête parlementaire sur le secteur minier, qui devrait être publié bientôt, l’or ne profite pas à la population burkinabè, rapporte RFI. Le bénéfice que tire l’Etat est aussi réduit à cause des incitations fiscales qui plombent les recettes.

Ce sont au total neuf mines d’or qui sont en production et plus de 800 autorisations et titres miniers qui sont accordés. Quant à la production attendue pour cette année, elle devrait frôler le record de 40 tonnes. « D’une production de 5,6 tonnes d’or en 2008, le Burkina Faso est passé à 36,5 tonnes d’or exportées en 2015 et on attend 39,6 tonnes d’or en 2016 », a informé Alfa Oumar Dissa, ministre burkinabè de l’Énergie, des Mines et des Carrières.

Bénéfices pour les populations

 Mais malgré l’essor que connaît le secteur, les populations bénéficient peu des retombées. Si en 2015, les mines ont pesé à près de 170 milliards de francs CFA pour les recettes budgétaires, les populations résidant dans les zones exploitées ne sentent pas les avantages. Par contre, les pertes elles, sont palpables.

« Les gens ont perdu de véritables sources de revenus comme les champs de culture, les pâturages. Certains villages ont été déplacés. Et puis il y a des nuisances comme les poussières. Cela soulève des questions d’hygiène. Par exemple, il y a peut-être un risque de contamination de la nappe phréatique», explique Jonas Hien, chargé des programmes à l’ONG Orcade (Organisation du renforcement des capacités de développement).

Pour l’Etat

Le manque à gagner pour l’Etat est aussi important. En effet, dans l’objectif d’attirer les investisseurs, des réformes fiscales se sont succédées, et ont eu pour conséquence des pertes de revenus.

« Le manque à gagner pour l’État est énorme à cause des exonérations, du manque de maîtrise des flux financiers concernant les titres miniers », a fait remarquer Ousseini Tamboura, député et président de la commission parlementaire en charge de l’enquête.

Selon lui, les critiques pourraient diminuer avec l’opérationnalisation du fonds minier de développement local au Burkina Faso. Un fonds que les sociétés minières devraient contribuer à alimenter «  à hauteur de 1 % de leurs chiffres d’affaires, comme indiqué dans le code minier ».

L’enquête indique par ailleurs que le secteur a créé environ 7 000 emplois, même si très peu de cadres burkinabè sont employés dans les sociétés minières.

Lesaffairesbf

Source : RFI

 

 

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