Abattage des ânes : « Il était plus que urgent de prendre des mesures » (Koutou)

Le ministre des ressources animales et halieutiques Sommanogo Koutou était face à la presse ce vendredi 12 août 2016. Les échanges ont porté sur le décret du 03 août 2016 portant règlementation de l’abattage des asins, équins et camelins et de l’interdiction de l’exportation de leurs produits, la grippe aviaire et l’état des zones pastorales.

C’est « face au risque d’extermination de l’espèce asine », une espèce animale qui fait « partie intégrante » de la vie de la communauté  que le gouvernement a adopté le 03 août dernier en conseil des ministres un décret portant règlementation de  l’abattage des asins et « par anticipation » des équins et camelins et de l’interdiction de l’exportation de leurs produits.

Une mesure qui vient à point nommé. Selon les estimations des services vétérinaires, l’exportation annuelle contrôlée a abouti à l’abattage de 65 000 ânes. Pour éviter la disparition de l’espèce du pays d’ici 2019 au regard du taux de renouvellement très faible (un petit tous les 2 à 3 ans), note le ministre Sommanogo Koutou, « il était plus qu’urgent de prendre des mesures pour règlementer ».

anesIl justifie la décision par le fait que l’importance socio-économique des asins et des équins dans le monde rural reste « indéniable ».  Une importance liée à la rusticité, docilité et à la performance de l’animal utilisé à la traction  pour « pallier l’insuffisance, voire l’absence de mécanisation des activités agricoles dans les campagnes ».

Grippe aviaire

Face à la vague d’importation de poulets congelés et impropres à la consommation incinérés ces dernières semaines, le ministre des ressources animales rassure. « Jusqu’à l’heure où je vous parle, il n’y a aucun risque à consommer du poulet au Burkina », a dit Sommanogo Koutou.

Mais, des activités de veille sont maintenues pour parer à toute éventualité, a-t-il ajouté en raison des déclarations de pays voisins qui se sont « auto-déclarés atteints ». Et même si « la maladie est passée, le risque demeure et par conséquent la vigilance doit être maintenue et renforcée particulièrement aux frontières ».

Occupation des zones pastorales

Constat fait, le ministre des ressources animales affirme que de « façon récurrente »  l’on assiste à une occupation « incontrôlée » des zones pastorales. Toute chose, « qui entraine des déguerpissements de populations anarchiquement installées »,  souligne Soumanogo Koutou. Le dernier cas en date est celui de Samorangouan.

A ce jour, énumère le ministre des ressources animales, le pays compte 26 zones pastorales « fonctionnelles » et qui occupent une superficie d’environ 730 960 ha et de 187 aires de pâturages potentielles. La plupart, précise-t-il, dispose d’un arrêté conjoint de délimitation de leur pourtour (18), de plans de gestion (14), de cahiers de charges spécifiques (11), de schémas directeurs d’aménagement (03).

« Les superficies identifiées au départ tendent à se rétrécir énormément », suite en partie à des activités d’orpaillage, a indiqué Sommanogo Koutou. Il  préconise un bornage des dites zones pour, dit-il, les soustraire de la convoitise des migrants et des populations autochtones en les gardant telles quelles pour en faire de « véritables » pôles de développement.

Oui KOETA

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