Campagne cotonnière 2016/2017 : l’AICB opte pour le « tout conventionnel »

L’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) qui regroupe l’Association professionnelle des sociétés cotonnières du Burkina (APROCOB) et l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) a livré ce 22 avril 2016 les conclusions de son assemblée générale ordinaire tenue le 20 avril 2016. Le bilan fait état d’un manque à gagner de 50 milliards de F CFA tributaire au coton OGM ; d’où la nécessité d’abandonner « temporairement » ce coton pour le conventionnel.

Le bilan dressé par l’AICB révèle que la campagne 2015/2016 s’est passée dans un contexte socio-économique meilleur à celui de 2014/2015. Primo, une hausse du prix d’achat plancher du coton graine a été enregistrée : le prix est passé de 225 F CFA à 235 F CFA le kg de premier choix. Secundo, il y a eu le maintien des prix de cession des intrants agricoles aux producteurs, quasiment au même niveau que ceux de la précédente campagne.

Toutefois, on note des contreperformances dues à la pluviométrie de 2015 « difficile, mal répartie dans le temps et dans l’espace », indique Georges Yaméogo, Secrétaire général de l’AICB. C’est alors que selon les dernières estimations, « le niveau de la production de la campagne 2015/2016 s’établira aux environ de 581 000 tonnes de coton graine pour l’ensemble des trois zones cotonnières du pays (SOFITEX, FASO COTON, SOCOMA), contre 707 000 tonnes la campagne écoulée, soit un recul de 18%. », a-t-il déploré.

Le passage au coton OGM n’a pas aussi été sans inconvénients. Outre la perte du « Label Coton Burkina », la perte de la prime qualité, le Burkina Faso a aussi connu une mauvaise valorisation de son coton en raison de la fibre qui devenait plus courte. La perte globale est sans appel : un manque à gagner de l’ordre de 50 milliards de F CFA.

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Et auprès de la firme Monsanto, détentrice de la technologie OGM, les cotonculteurs réclament des indemnisations. Selon le Directeur général de la SOFITEX, les négociations se poursuivent : « Les négociations avec la société Monsanto restent ouvertes. Nous avons, coté burkinabè, enregistré une réaction de Monsanto qui n’a pas été jugé satisfaisante. Donc nous avons fait une contre-proposition et Monsanto est en train de travailler sur la contre-proposition et elle nous a promis de nous revenir autour du 25 (avril 2016, NDLR) ».

Prenant donc conscience du risque couru, l’AICB opte pour le « tout conventionnel ». Mais ce n’est « ni un abandon définitif du coton OGM, ni une rupture de la collaboration entre l’AICB et Monsanto dont la technologie Bt n’a jamais été remise en cause par la filière cotonnière quant à l’efficacité du gène Bt pour la lutte contre les principaux insectes ravageurs, cibles du cotonnier », a souligné le Secrétaire général de l’AICB.

Pour ce qui est des projections de cultures pour cette campagne 2016/2017, une hausse est espérée par rapport à la campagne précédente. Tenant compte des intentions des sociétés cotonnières, l’AICB a fixé un objectif global de production de 700 000 tonnes de coton graine.

Issouf NASSA

Burkina24

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