Afrique subsaharienne : la Banque mondiale annonce « une croissance molle en 2016 »

La Banque mondiale a présenté ce 11 avril par visioconférence, sa publication semestrielle dénommée « Africa’s Pulse ». Assurée depuis le siège de la banque mondiale à Washington DC par Punam Chuhan-Pole, auteur principal de « Africa’s Pulse », cette visioconférence a connecté le Burkina Faso, le Sénégal et le Cameroun.

« L’Afrique subsaharienne connaîtra une croissance molle en 2016, plombée par la faiblesse et la volatilité des prix des matières premières », indique la dernière édition d’ « Africa’s Pulse » (Pool de l’Afrique), publication semestrielle du Groupe de la Banque mondiale qui analyse les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne.

En 2015, l’économie de l’Afrique subsaharienne a connu un ralentissement avec une croissance moyenne du PIB de 3% contre 4,5% en 2014. Pour cette année, la Banque mondiale prévoit une croissance de 3,3%. Une tendance à la baisse par rapport à la période de 2003 à 2008, qui a enregistré un taux de 6,8%. Mais la croissance pourrait connaître une embellie dès 2017 selon le rapport : « La croissance économique devrait dans l’ensemble rebondir en 2017 et 2018 pour atteindre 4,5% ».

Le rapport « Africa’s Pulse » indique une série de causes à l’origine de cette morosité : la baisse des prix des matières premières, la faible croissance des principaux partenaires commerciaux, l’augmentation des coûts de l’emprunt et les difficultés nombreuses de certains pays.

Au regard de ce constat, la Banque mondiale entend jouer sa partition en aidant les Etats à adopter les réformes nécessaires. « C’est justement pour accompagner les pays dans des reformes qui peuvent les amener à mieux gérer cette baisse des prix des matières premières dont le pétrole », a confié Mariam Diop, Economiste pays de la Banque mondiale pour le Burkina Faso.

Mariam Diop, Economiste pays de la Banque mondiale pour le Burkina Faso.

Mariam Diop, Economiste pays de la Banque mondiale pour le Burkina Faso.

Afin de minimiser les chocs, le rapport estime que les villes africaines peuvent stimuler la croissance économique et la productivité. Mais pour l’heure, les villes se voient handicapées par le coût de la vie, de l’immobilier et du transport. Voilà pourquoi elles « n’ont pas encore connu les retombées économiques escomptées, ni tiré parti de la productivité urbaine ».

Les répercussions de la baisse des prix des matières premières vont se poursuivre. Il revient donc aux gouvernants de prendre des mesures pour s’adapter et « développer de nouvelles sources de croissance durable et inclusive ».

Professeur Jacques Gueda Ouédraogo

Professeur Jacques Gueda Ouédraogo

Le Burkina Faso, avec l’or comme premier produit d’exportation, connaît aussi ces effets néfastes de la baisse des prix des matières premières. Pour le Professeur Jacques Gueda Ouédraogo, la solution pour échapper à cette vague mondiale, c’est la transformation au niveau national : «  Notre pays a besoin de réformes pour qu’il y ait la transformation de nos matières premières, notamment les produits agricoles que nous exportons. Si nous pouvions transformer nos produits agricoles ici, nous serions à l’abri de la variation des coûts des matières premières ».

Issouf NASSA

Burkina24

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