Malika la Slameuse : «L’homme qu’il me faut existe»

Rakizatou Malika Ouattara dit Malika la Slameuse travaille à l’Institut africain de management (IAM). Elle y est aussi étudiante en Master 2 communication. Cependant, elle trouve du temps pour son art, le slam. Sur le marché du disque, un album de 12 titres a été sorti officiellement le 30 janvier 2016. Avant, Malika faisait de la danse hip hop. «A l’époque, c’était le jean qui pend, la casquette en l’envers », nous dit-elle. Mais aujourd’hui, c’est une Malika très pieuse, musulmane pratiquante avec un autre style musical qu’on retrouve.

 Burkina24 (B24) : Comment êtes-vous arrivé au slam ?

Malika la slameuse (M.S) : C’est lors d’une compétition de danse Hip hop que j’ai découvert le slam. J’ai juste écouté un slameur et je me suis dit : pourquoi ne pas m’y lancer ?

 La même soirée, je me rappelle, j’ai pris une feuille et un stylo et j’ai écrit mon premier texte de slam. La seule règle que je connaissais, c’est qu’il y avait des rimes. C’est juste comme cela que le slam est né et au fur et à mesure, on s’y plait et on y reste.

B24 : Et depuis lors, comment vous vous êtes prise pour devenir artiste slameuse ?

M.S : Depuis lors, Malika a côtoyé certaines scènes, à commencer par les nuits culturelles des différents lycées et établissements. Et vu les encouragements des gens, on s’est dit peut-être qu’il y a de l’avenir dedans.

2012, enfin je sors mon premier single dans le cadre d’un projet lancé par le ministère de la femme, « une femme, un acte de naissance ». C’était le tout premier single qui a été clipé.

C’était en 2013 la première fois que Malika apparait sur les écrans. A la suite de cela, la carrière continue,  encore un single et ainsi de suite et enfin un album.

B24 : Parlez-nous de votre album paru le 31 janvier.

M.S : J’ai fait deux ans au studio parce que je voulais être sûre que ce que je vais pondre, allait être quelque chose de bon. J’avais envie d’un album arc-en-ciel, un album où on retrouverait un peu toutes les couleurs, où chacun de mes fans allait se retrouver.

Il y a douze titres et tous ces titres ont des rythmiques différentes. Il y a des chansons dansantes qu’on peut même jouer dans les boites de nuit. Il y a des sons assez soul ou tristes.

La sortie de l’album prévue pour le 16 janvier a été reportée au 30 janvier à cause de l’attentat. Aujourd’hui, nous sommes à près de deux mois de la sortie et je suis déjà contente parce que nous avons écoulé le premier lot de 500 CD. On va dire que l’album se porte bien.

B24 : Vous avez des tournées en vue?

M.S : Oui, mais l’objectif, c’est de se faire connaitre sur le plan national et ensuite international. Mais le défi principal, c’est d’intégrer le slam dans la culture burkinabè, dans les différentes manifestations. Je crois qu’il y a du chemin mais on y arrivera.

 Actuellement, nous sommes en préparation d’un concert dont la date sera communiquée très prochainement. Mais actuellement les voyages ont déjà commencé.

Je vais au Tchad, à N’Djamena pour un festival « Djam sans flamme en slam » où se retrouvera la crème des slameurs d’Afrique.

B24 : Elles sont rares les femmes dans ce style de musique. Vous êtes pratiquement la seule qui ait un album sur le marché. Comment vous sentez-vous  ?

M.S : Vous savez, beaucoup écrivent mais rares sont celles qui osent monter sur scène ou même entreprendre une carrière parce qu’il y a trop de préjugés autour de l’art.

Celles qui veulent se lancer doivent juste oser parce que c’est à nous d’infirmer ou confirmer ce que les gens pensent de nous dans le domaine musical. Et aujourd’hui, c’est un sentiment de fierté parce c’était un défi pour moi.

Je l’ai relevé. C’est vrai que quand je commençais, il n’y avait pas de référence dans le domaine mais je dis qu’on n’a pas forcément besoin de référence en ce sens que nous-mêmes nous devons travailler à être des références pour certaines personnes.

Mais j’espère que juste après mon album, les autres oseront se lancer, pas seulement les filles mais également les garçons. On veut juste que cet art puisse intégrer tous les milieux.

B24 : On vous sait très pieuse et on sait aussi que les slameurs ne mâchent pas leurs mots. Comment  arrivez-vous à vous en sortir dans ce milieu ?

M.S : Le fait que Malika soit musulmane pieuse, n’est pas un obstacle. Je crois que l’objectif c’est de mettre des principes dès le début parce que les préjugés se forgent autour du comportement de l’artiste.

Si dès le début, Malika a pu mettre ses principes, les différents artistes ont pu accepter Malika telle qu’elle est, les choses viendront naturellement.

B24 : Vous parlez de l’homme qu’il vous faut. Vous y pensez vraiment ou ce n’est qu’une inspiration le temps de l’écriture d’une chanson ?

M.S : Il y a des préjugés également autour de cette chanson. Ce qui fait sa popularité d’ailleurs. « L’homme qu’il me faut » est un texte qui a été écrit sur plusieurs années et au fil des années, on ajoute les critères de l’homme qu’on veut.

Oui, c’est de l’homme qu’il me faut que je parle puisque c’est quelqu’un que j’ai regardé pour écrire ce texte. La personne qui me mettra la bague au doigt, c’est naturellement, l’homme qu’il me faut.

Mais je crois que cet homme-là, il existe en ce sens que lorsque tu aimes quelqu’un tu lui trouves toutes les qualités. Ta copine même à côté te demande si c’est de cet homme-là que tu parles.

Mais pour toi, c’est l’homme qu’il te faut. L’homme qu’il te faut n’est pas  l’homme qu’il faut à une autre. Mais chaque fille à son homme qu’il lui faut.

B24 : Malika a-t-elle déjà trouvé l’homme qu’il lui faut ?

M.S : On va dire que presque, parce que je dis qu’il m’amènera devant le maire et me mariera devant le Dieu de l’univers. Actuellement, je ne suis pas encore mariée, mais je l’ai presque trouvé en ce sens que lorsqu’il remplira tous les critères, on dira que je l’ai trouvé.

Ceux qui veulent donc postuler peuvent toujours postuler mais lorsque Malika aura la bague au doigt, en ce moment les avis de recrutement seront clos.

B24 : Le slam a-t-il une place sur la scène musicale burkinabè ?

M.S : On commence à solliciter le slam. Il y a trois ans,  je dirais autre chose, mais aujourd’hui,  le slam prend de l’ampleur. De plus en plus les scènes sont là et je dirais que personnellement, j’ai au moins deux scènes par semaine au minimum. C’est un domaine qui n’est pas très connu et c’est à nous de nous inclure dans chaque manifestation.

B24 : Un mot pour toutes ces filles qui aimeraient embrasser cette carrière

M.S : C’est juste leur dire d’oser. Au début c’est sûr, c’est difficile. Il y a toujours des préjugés autour des gens qui veulent se lancer dans l’art. Quand tu y crois toi-même, tu obliges les autres à croire en toi.

Il n’y a pas de secret. Si c’était une histoire d’intello, de français soutenu on ne me verra pas sur scène parce qu’en français, je gagne rarement la moyenne. L’objectif, c’est juste dire ce que l’on récent. L’objectif, c’est de partager tes émotions.

 Une chose est d’écrire et une autre chose de savoir transmettre le message, c’est là que toute la différence se situe.

Même si la personne n’a pas un bon niveau en français, après avoir écrit son texte  nous, nous sommes là pour les accompagner. Nous organisons des ateliers les dimanches et nous les accompagnons tant que nous pouvons.

Propos recueillis par Revelyn SOME

Burkina24

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