FERMETURE DE L’USINE TAN ALIZ : LES TRAVAILLEURS LICENCIÉS DEMANDENT LE PAIEMENT DE LEURS DROITS

Les travailleurs de l’unité de production de cuir et le personnel de la direction générale de la société Tan Aliz ont manifesté leur mécontentement suite à leur licenciement. Regroupés à la direction générale pour un sit-in ce 4 septembre 2015,  ils ont finalement décidé après concertation de suivre la procédure normale pour entrer en possession de leurs droits.

Les évènements des 30 et 31 octobre 2014 ayant entraîné la fermeture de l’usine Tan Aliz, les travailleurs de ladite usine étaient sous suspension durant 10 mois et ce, sans salaire.

C’est dans l’attente d’une suite après l’expiration du délai qu’ils disent avoir appris leur licenciement par Mahamadou Ouédraogo, fils de Alizeta Ouédraogo, propriétaire de l’usine,  via son directeur des ressources humaines.

« Un licenciement pur et simple sans droit quelconque au motif qu’il attendait l’indemnisation de la part du gouvernement avant de payer les droits », selon les travailleurs.

Toute chose qu’ils qualifient d’inhumain alors que la société cuirs et peaux a engendré d’autres sociétés qui fonctionnent et génèrent des recettes. Cependant, jugeant être pour la plupart des pères de famille, ils ont opté de suivre des voies plus indiquées pour plaider leur cause.

« Nous voulons savoir si une telle décision a été prise au niveau du gouvernement pour cette société dans ce sens. Et si tel est le cas, nous demanderons à ce que cette indemnisation serve à payer nos droits d’abord parce que la direction n’a pas l’intention de relever l’usine puisqu’on a tous été licenciés», ajoute Moussa Tiama, travailleur licencié. « On est allé à l’inspection du travail pour une plainte. On n’a pas encore l’issue de la plainte. On envisage demander un contrôle au ministère du travail pour connaitre l’appui de la direction», dit Yabré Aimé, délégué du personnel.

Wandaogo Bayouré, mère de 5 enfants, en service à l’usine depuis 11 ans, témoigne presque les larmes aux yeux : «ça ne va pas. On est à la maison. On cherche un autre travail mais on ne gagne pas.  Il y a les enfants à scolariser. On ne sait pas sur quel pied danser actuellement ».

Cependant, les travailleurs ne sont pas les seuls à qui la société doit. Voyant l’attroupement à la direction de l’usine, Koanda Daouda, vendeur de peaux, s’approche pour réclamer son dû.

« Depuis février 2014, j’ai livré des peaux d’une valeur de plus de 300 000 F CFA. D’habitude,  on nous donne trois mois pour nous payer.  Aujourd’hui, je ne sais plus à qui m’adresser et je ne suis pas le seul », explique-t-il.

Au nombre de 142 personnes, dont une trentaine de femmes, la plupart d’un âge avancé, les travailleurs licenciés de Tan Aliz espèrent compter sur les autorités pour résoudre leur problème commun.

Revelyn SOME

Burkina24

Pas de commentaire

Repondre a l'Article

*

*