LUC DIALLA : « J’AI RÉUSSI À ME FAIRE CONNAITRE DANS L’ETAT DE L’OHIO »

Luc DIALLA, un jeune Burkinabè, est  le créateur de la marque de vêtement « Strong » (ndlr : signifiant fort en anglais). Cette marque de vêtement est propriété de la compagnie «Strongline» basée aux Etats-Unis dont Luc DIALLA en est également le président. Titulaire d’un bachelor en science de l’institut 2IE du Burkina Faso et doté d’un esprit d’entreprenariat, son parcours a débuté par la création d’une entreprise de construction « Sigso» tout juste après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur à l’institut en 2010. Deux ans plus tard il quitte le Burkina Faso pour Kent State University aux Etats-Unis afin d’y étudier l’entreprenariat et où il dit avoir passé de bon moments et beaucoup appris.

Burkina 24 (B24) : Quel a  été le  déclic pour vous lancer dans la création de « STRONG », votre marque?

Luc DIALLA (LD) :J’ai toujours aimé dessiner et j’avais en projet de créer ma propre ligne de vêtement pour concurrencer les grands comme Nike et Adidas. Mais cela faisait partie de mes projets à long terme et cela se passe comme dans un rêve pour moi car je ne pensais pas que j’y arriverai maintenant.

Plus précisément, le  déclic s’est produit en 2013 lors d’un projet de classe à Kent State lorsqu’on demandait à chaque étudiant de trouver une idée et de la matérialiser. Ainsi, j’ai donc choisi un projet de t-shirt. Et Dieu faisant bien les choses, quelques jours plus tard, l’école a  lancé une compétition pour ceux qui voulaient commencer un business de  t-shirt.

Je me suis donc inscrit et cela m’a permis de produire mon premier t-shirt et de me faire connaitre du public. A ce concours, un seul gagnant devait être primé, malheureusement, je n’ai pas été choisi mais j’ai beaucoup appris de cette expérience. De surcroît, le jury m’a déclaré que si on devait primer un second, j’aurai été choisi. Ce qui m’a beaucoup encouragé parce que je n’étais qu’à mes débuts.

B24 : Pourquoi avoir choisi « Strong » comme nom à votre marque?

LD : L’idée m’est venue quand je regardais autour de moi et surtout dans le marché burkinabè. Beaucoup de jeunes créaient des marques identifiant seulement les Burkinabè. Ce qui n’est pas une mauvaise chose. Mais je me suis dit pourquoi ne pas faire quelque chose de différent? Pourquoi ne pas créer quelque chose qui me permettrait de toucher une audience plus grande ?

Des produits que par exemple le Béninois, le Japonais et l’Américain peuvent porter. Et comme les opportunités qui se présentaient à moi me permettaient d’appliquer mon concept, je n’ai pas du tout hésité. Ainsi la marque “Strong” qui veut dire “fort” est née avec le concept “Something Different” pour dire “quelque chose de différent”.

Enfin, je voulais que ma marque incarne l’esprit de la combativité, de la persistance, et de la victoire. En d’autres termes,  c’est ce que je voulais voir en ceux que j’habillerais.

B24 : Comment arrivez-vous à vous intégrer sur le marché?

LD : Le marché américain est très compétitif. Quant à la marque Strong, elle grandit de jour en jour. J’ai réussi à me faire connaitre dans l’Etat de l’Ohio et je suis très souvent invité à des conférences et foires parce que les gens aiment ce que je fais. Je dispose également de l’appui de mon université.

Je tiens à signaler au passage que Kent State est reconnue pour son école de fashion (ndlr : mode) qui est classée 3e dans tous les Etats Unis. Je dispose aussi du soutien de la diaspora burkinabè vivant aux Etats-Unis ainsi que des autres communautés africaines.

B24 : Comment se déroulent vos activités?

LD : Je consacre une très grande partie du temps dans la gestion de Strongline ma compagnie.

Mes produits sont disponibles en ligne donc la plupart de mes activités se déroulent en ligne. Je suis très actif sur le site web ainsi que sur la page facebook “mystrongline”. 

B24 : Où peut-on trouver vos produits?  Que vendez-vous et qui peut se procurer vos produits?

LD : Mes produits sont disponibles en ligne sur www.mystrongline.com et sont composés d’une gamme variée de t-shirts pour hommes et pour femmes. Et n’importe qui dans le monde peut s’en procurer avec des frais d’envoi défiant toute compétition.

B24 : Quels sont vos projets à moyen ou à long terme?

LD : Ma vision pour Strongline est d’être et de demeurer le leader mondial dans l’industrie du textile. Nous avons pour mission d’apporter un nouveau style de vie et d’impacter toute personne à travers nos produits et l’esprit que la marque représente.

Par conséquent, nous avons plein de projets qui sont en droite ligne avec cette vision; mais, le but premier c’est d’accéder aux communautés burkinabè partout dans le monde et de faire connaître nos produits.

Nous voulons aussi investir dans la musique et le sport, soutenir des artistes et des athlètes dans un futur proche. Ensuite, ouvrir des rayons de boutique au pays et travailler avec quelques distributeurs.

Nous sommes également en train de travailler pour augmenter nos gammes de produits avec des polos, des pull-overs et des montres qui seront disponibles très bientôt.

Quant aux projets à plus long terme de Strongline, il s’agira de continuer à innover pour créer de nouveaux produits qui répondront à la demande, à grandir d’avantage dans l’industrie et d’aller à la conquête de nouveaux marchés pour l’accomplissement de la mission et la réalisation de la vision de Strongline.

B24 : Quel est votre mot de la fin ?

LD : Je remercie Burkina24 de m’avoir accordé cette interview, ainsi que tous les Burkinabè résidant au Burkina et partout dans le monde. Sans oublier l’association Buud Nooma de Ohio dont je suis le Président, ainsi que la FEBUSA dont je suis membre. J’aimerais encourager les jeunes à entreprendre et je termine par cette citation de Peter Drucker : « Le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de le créer ».

Entretien Réalisé par HDLC

Correspondant Burkina 24

Pas de commentaire

Repondre a l'Article

*

*

ARTICLE POPULAIR