Hassane Sanfo, Burkinabè du Togo : «nous, Burkinabè vivant au Togo, nous n’avons pas de difficultés majeures liées à notre nationalité»

Beaucoup de Burkinabè se sont établis à Lomé au Togo dans différents domaines d’activités. Hassane Sanfo est chef d’agence de la compagnie de transport Fairness Transport and Service (FTS) à Lomé. Lors d’un voyage dans la capitale togolaise il nous a accordé une interview dans laquelle il défend l’exploitation de ce corridor.

Qu’est ce qui vous à motiver à mettre en place une représentation ici à Lomé

Nous sommes dans le transport en commun entre Lomé et Ouagadougou et vice versa. Notre objectif, c’est de faciliter le  transport et le déplacement des  voyageurs entre les différents pays tout en tenant compte de leur confort et leur sécurité.

Lomé était un carrefour. On sait que tout ce qu’on importe au Burkina Faso vient des différents ports de nos voisins notamment le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Bénin. Etant donné que le Togo est un pays francophone, nos exportateurs sont beaucoup plus attachés à ce port. Il y a beaucoup plus de déplacement aussi entre ces pays aussi bien dans le cadre des échanges commerciaux que dans le secteur des véhicules. Les véhiculent coûtent relativement moins cher au Togo  et le port est beaucoup plus facile pour le transit que les autres ports.

Est-ce que ça marche bien pour votre entreprise

Bon, dire que ça marche, c’est trop dire. C’est une nouvelle compagnie. Nous existons depuis une année. Notre objectif c’est de faciliter le déplacement des passagers entre le Burkina et le Togo. On essaie au mieux de satisfaire les clients. Dire que ça marche, c’est trop dire et dire que ça ne marche pas aussi, c’est trop dire parce qu’on vient à peine de commencer.

Il y a plus d’une dizaine de compagnie sur l’axe ; comment gérez-vous la concurrence ?

Il y a beaucoup de compagnie. Mais, il faudra aussi redéfinir ce que les gens appellent compagnie, parce qu’il y a certaines personnes qui ont un ou deux bus. C’est difficile de concurrencer avec une structure qui a un parc de plus d’une dizaine de bus. Et en plus, il faut avoir du matériel compétitif, neuf avec le confort qui va avec (climatisé et plus spacieux). Et quand vous le prenez dans cadre-là, vous arrivez à réduire la concurrence.

Est-ce que vous avez des défis et des perspectives pour l’avenir ?

20150522_113627Le défi, c’est d’arriver à faire Ouaga-Lomé tous les jours. Et pour le moment, c’est trois fois dans la semaine. C’est déjà beaucoup contrairement à d’autres. Mais, nous ne comptons pas nous arrêter là. Nous voulons aller jusqu’à quatre, cinq ou six départs dans la semaine pour que le déplacement puisse se faire plus facilement entre les deux pays. Jusque-là, nous n’avons que mardi, jeudi et samedi à partir de Lomé en ce qui me concerne.

Nos perspectives sont de pouvoir desservir tous les pays voisins du Burkina, renforcer le déplacement et faciliter surtout le transport de nos concitoyens. Pour ce qui concerne Lomé, c’est maintenir, pérenniser l’activité parce que c’est un domaine où il est très difficile de faire dix à quinze ans sans fermer boutique. L’objectif est d’aller au-delà. C’est vraiment travailler dans la durée. Toujours être à l’écoute de la clientèle pour leur faciliter le déplacement entre le Burkina et les différents pays.

Seulement une année et vous multipliez déjà le nombre de départ ; qu’est ce qui soutient ce ‘’succès’’ ?

La première des choses, c’est d’avoir un matériel compétitif, avoir  un personnel de qualité, un savoir-faire de qualité. Ce sont les mêmes passagers qui vont et qui reviennent. Si il n’y a pas de savoir-faire de la qualité, même si vous avez un matériel neuf, il est très difficile de pouvoir vous en sortir. Et Dieu faisant bien les choses, nous avons une certaine expérience dans le domaine. Cela fait quand même plus d’une douzaine d’années que nous sommes dans ce secteur-là. On a acquis de l’expérience et du savoir-faire. Nous mettons cela au service de FTS.

Rencontrez-vous des difficultés particulières liées à votre secteur d’activités ?

Non. Lomé-Ouaga et Ouga-Lomé, on n’a pas vraiment de problème majeur. Tous nos problèmes, on les souligne au syndicat des transporteurs togolais. Ce sont des gens qui sont à notre écoute. Lorsqu’on dépose un problème sur la table, ils font tous pour nous le régler au plus vite.

Qu’en est-il des tracasseries dont on entend parler sur le corridor ?

Le véritable problème se passe au niveau de la frontière. Chaque pays à sa façon de faire. Sauf que cela ne facilite pas la tâche aux voyageurs. Quand vous rentrez au Togo, que vous ayez ou pas la carte, vous payez cinq cent ou mille francs CFA. Quand tu rentres au Burkina, dès que tu as une pièce d’identité en règle, tu ne payes pas un centime. Il y a une loi sur la mobilité au niveau des frontières que l’UEMOA avait essayé de mettre en place. Mais jusqu’à présent, ce n’est pas vraiment sensible sur le terrain. Ce qu’on devrait peut-être faire, c’est d’harmoniser ce que eux ils mettent en écrit et ce qui  se pratique réellement sur le terrain.

Quel est l’impact du contournement des falaises dans la région de Kara ?

Ce qui est bien dans le contournement de la faille d’Aledjo, de Kanté et de Defalé, c’est qu’on gagne en sécurité. Ce sont des descentes et des montées. Ils sont très difficiles à amorcer. Pas mal de véhicules notamment les gros camions, certains ont essayé, ils ont reculé et percuté. Il y avait toujours des problèmes à ce niveau. Maintenant avec le contournement, premièrement on gagne en sécurité et deuxièmement on gagne en temps. Et troisièmement, cela ne peut qu’être bénéfique pour les passagers. Parce que là ils se sentent beaucoup plus rassurés quand ils arrivent  ces descentes-là.

Un message particulier à faire passer ?

La première des choses est de remercier la diplomatie burkinabè et togolaise, parce nous Burkinabè vivant au Togo, nous n’avons pas de difficultés majeures liées à notre nationalité. Je me dis qu’il y a un travail qui a été abattu au niveau de la diplomatie entre les différents pays. Je tiens à les remercier pour cela. En plus, demander au gouvernement burkinabè d’octroyer le droit de vote aux Burkinabè de l’étranger, pas spécialement de ceux du Togo. C’est ce qui nous permet de participer à la vie politique de notre pays. Etant hors du Burkina, nous pouvons contribuer socialement car nous avons de la famille là-bas, mais politiquement nous avons droit à parler, à faire des choix, critiquer et aussi participer en votant. Donc on leur demande de nous accorder ce droit de vote qui nous permet de nous inscrire, de pouvoir entrer dans le débat politique de notre pays.

Entretien réalisé à Lomé par Boureima LANKOANDE

le 22 mai 2015 pour Burkina24

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